Je me souviens

amir-khadir.1229010976.jpgMONTREAL – Je me souviens. Je me souviens du 20 mai 1980, de la victoire du non au référendum québécois sur la « souveraineté-association » (une grande rasade de souveraineté accompagnée d’un nuage d’association avec le reste du Canada). Je me souviens de René Lévesque, premier ministre de la province, lançant à la foule déçue : « A la prochaine fois !« . Je me souviens du second référendum, le 30 octobre 1995, perdu de justesse, bien que le oui ait été majoritaire cette fois chez les francophones. Dix-huit ans plus tard, on ne voit pas de nouvelle prochaine fois poindre à l’horizon indépassable de l’Etat nation.

Les Québécois votaient ce lundi 8 décembre, et la ferveur nationale appartenait bien au passé. Tous mes amis de Montréal ne votent plus pour le Parti québécois (PQ) de feu René Lévesque, dirigé aujourd’hui par une femme, Pauline Marois, sympathique mais beaucoup moins charismatique que son illustre prédécesseur. Mes amis votent désormais pour les candidats de Québec solidaire, petite formation « souverainiste » de gauche qui a fait élire son premier député, le Dr Amir Khadir, dans la circonscription montréalaise de Mercier, quartier francophone du centre est de Montréal. Il a été élu avec 38% des voix (les élections ne sont qu’à un seul tour), devançant un péquiste par une majorité de 872 voix, soit un peu moins de quatre pour cent.

Par un frisquet -18 (-28 degrés avec le « facteur vent »), mais sous un beau ciel bleu immaculé, j’ai accompagné mon ami Jano à son bureau de vote dans une école. Il fait partie de ces « péquistes désenchantés », comme se définit lui-même un autre ami, Mario, ancien militant du PQ qui a voté aussi Québec solidaire. Sur le bulletin de vote, il fallait cocher le nom d’un des six candidats se présentant dans Mercier. Parmi ceux-ci, je découvre celui de Jean-Marc Labrèche, candidat d’une toute nouvelle formation, le Parti indépendantiste, celui des désenchantés eux aussi manifestement. Son score sera bien maigre: 83 voix, soit 0,36% des suffrages.

Je me souviens que l’indépendance faisait beaucoup plus recette jadis. Avec la souveraineté, le PQ est un peu dans la situation du Parti socialiste français avec le socialisme. C’est sa raison d’être mais il sait pertinemment que les Québécois ne lui donneront pas le mandat de la réaliser, tout comme le PS sait que les Français ne lui donneront pas celui de « rompre avec le capitalisme ». Mais chacun s’accroche à son dogme. Encore qu’il semble que les péquistes croient encore à la possibilité de réaliser un jour l’indépendance tandis que du côté des socialistes français, je doute qu’ils rêvent vraiment d’une rupture avec le capitalisme.

www.cyberpresse.ca/actualites/elections-provinciales/200812/08/01-808622-khadir-premier-depute-elu-de-qs.php

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