Franc français, le retour ?

Eurosecours !

PARIS – Est-ce que l’euro existera toujours à Noël ? « Il y a plus d’une chance sur deux pour que la monnaie unique ne soit plus là ou du moins qu’elle soit en train de se défaire« , déclarait à un mois de la Nativité l’économiste Jacques Attali. Le sociologue et anthropologue Paul Jorion enfonçait le clou (dans le cercueil) quelques jours plus tard en soutenant que le capitalisme était cette fois bel et bien mort et qu’il était vain d’implorer un cadavre pour le ressusciter, comme le font nos dirigeants désemparés. Alors que se tient cette fin de semaine un nouveau sommet européen que l’on annonce crucial une fois encore, je me suis demandé si un pays comme la France était prêt à repasser au franc du jour au lendemain. J’ai donc posé la question à la Banque de France.

On se souvient que le passage à l’euro au 1er janvier 2002 avait été une opération très lourde, organisée de longue date. Si les pays de la zone euro devaient par conséquent refaire le chemin inverse, on peut difficilement imaginer qu’un tel retour en arrière puisse s’improviser.

« Il n’existe aucune étude réelle, concrète, sur ce qui se passera dans ce cas-là. On n’envisage absolument pas un tel scénario« , me répond-on au service de presse de la Banque de France. « Du moins, à ma connaissance« , ajoute prudemment mon interlocuteur qui demande à ce que je ne le cite pas nommément. Il est vrai qu’une telle opération devrait prendre les fameux marchés par surprise et qu’elle exigerait donc le plus grand secret. Et on voit mal comment frapper une nouvelle monnaie en catimini sans qu’il y ait des fuites.

« Je ne pense pas qu’il existe, aussi bien à Bruxelles qu’en France, au niveau du gouvernement français, des plans B qui envisageraient froidement la fin de l’euro« , déclarait le 30 novembre sur France-Culture Henri Sterdyniak, directeur du département économie de la mondialisation à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Son collègue, Nicolas Véron, du cercle de réflexion européen Bruegel, renchérissait : « Si la Banque centrale européenne dit demain ‘nous avons une équipe qui réfléchit au démantèlement de l’euro’ ou si la Commission dit ça, ça veut dire que l’euro est fini. »

Pour lui, par conséquent, « il est tout à fait normal que les autorités, non seulement, ne disent pas que des plans B commencent à être élaborés mais encore qu’elles ne commencent même pas à élaborer de tels plans. Nous sommes dans des démocraties assez transparentes et s’il y avait une démarche de ce type à un niveau technique sérieux, ça se saurait tout de suite (…) A cause des problèmes de confiance ou de défiance et de panique, une transition de l’euro vers les monnaies nationales aurait lieu de manière extrêmement rapide et donc forcément désordonné. »

Résumons : « Jusque là, tout va bien« , comme disait ce type qui tombait d’un gratte-ciel de 100 étages en passant au niveau du cinquantième…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s