In memoriam Srebrenica

PARIS – Une prière pour les hommes et les jeunes garçons de Srebrenica après l’arrestation de Radovan Karadzic, l’un des principaux responsables de leur massacre, 13 années et une décade plus tard ; une pensée pour les habitants de Sarajevo tombés sous les balles des tireurs embusqués serbes ; et une dernière pensée pour les victimes anéanties par les obus tirés depuis les collines surplombant la ville.

Je me souviens du choc que l’on éprouvait en sortant de l’aéroport, après un atterrissage chaotique, l’avion ayant été ballotté par le vent tourbillonnant au fond de la cuvette où est bâtie la capitale bosniaque. Je me souviens du choc devant les bâtiments, éventrés, criblés d’éclats, aux fenêtres béantes.

Je me souviens de cet été 1995, de la chaleur de juillet, des nouvelles inquiétantes qui nous parvenaient de Srebrenica : on séparait les hommes, les vieux comme les jeunes, on les séparait des femmes et des enfants. Je revois Ratko Mladic, l’âme damnée de Karadzic, Mladic qui se cache toujours, tapotant la joue d’un enfant apeuré, en prononçant des paroles apaisantes auxquelles personne ne croyait.

Je me souviens que l’on pressentait que quelque chose d’épouvantable était en train de s’accomplir dans l’enclave de Srebrenica, proclamée « zone de sécurité » par l’ONU deux ans plus tôt. Je me souviens de notre impuissance et de notre désespoir sans fond dans la chaleur et l’exubérance de l’été. Cette tache sur notre conscience ne s’effacera pas, tout comme d’autres génocides continuent et continueront de nous hanter.

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