ONU et décolonisation (II)

NEW YORK – La quatrième commission de l’Onu, dont l’appellation officielle est « commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation », touche à tout, et c’est d’ailleurs ce qui la rend intéressante : d’abord à la décolonisation – dont on a vu les limites – mais aussi à des thèmes aussi éclectiques que l’utilisation « pacifique » de l’espace, les effets et méfaits de la radioactivité, la politique d’information de l’ONU et, last but not least, les Palestiniens… Deux thèmes sont tous les ans au programme les concernant : la situation des réfugiés, ainsi que les « pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés ». Ce chapitre est, on le devine rien qu’à l’intitulé, l’occasion de mettre en cause Israël qui se retrouve invariablement bien seul sur le banc des accusés. Le ton des déclarations reste néanmoins généralement relativement courtois – je n’ose parler d’échanges car, à de rares exceptions, on assiste plus à des monologues qu’à un dialogue authentique.

Parfois, ça dérape, et pas seulement sur le Moyen-Orient. L’an dernier, lors de l’examen de la question du Sahara occidental, le représentant de l’Algérie avait carrément accusé le Maroc d’être « le plus grand violeur en série des résolutions de l’Onu« . Cette année, personne n’a manifestement souhaité mettre de l’huile sur le feu sahraoui qui continue de couver sous le sable (et les phosphates qu’il recèle), probablement pour ne pas risquer de compromettre les négociations entre Marocains et indépendantistes du Polisario. On a continué de s’adresser des reproches mais avec le ton feutré qu’il sied à l’auguste enceinte.

Quant aux Palestiniens, une fois encore, la Syrie a dénoncé le fait qu’Israël, Etat créé par une résolution des Nations unies, refusait néanmoins de se plier aux résolutions de l’ONU qui le dérangent, essentiellement celles concernant la fin de l’occupation et le droit au retour des Palestiniens sur leurs terres. Et les Israéliens de rétorquer que tout ce bla-bla, couronné par de multiples résolutions sans lendemain, ne faisait guère avancer les choses. On aurait assez envie de les renvoyer dos à dos en criant : « Match nul ! ». Les arbitres impartiaux, c’est ce qui manque le plus dans ce dialogue de sourds.

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