ONU et décolonisation (I)

NATIONS UNIES – Le colonialisme n’est pas mort. Pour preuve, la commission de l’ONU chargée de la décolonisation – dite « 4e commission » – vient d’achever ses travaux annuels dans le cadre de l’actuelle session d’automne de l’Assemblée générale des Nations unies entamée à la mi-septembre et qui se poursuit jusqu’à Noël. On parle peu des travaux des six « grandes commissions » de l’Onu, de même que l’on ne parle guère de ceux de l’Assemblée générale. Sauf, bien sûr, lorsque les chefs d’Etat et de gouvernement s’y expriment, généralement en ouverture des travaux.

C’est la deuxième année que je suis avec assiduité  la 4e commission, ses travaux ne se limitant d’ailleurs pas à la décolonisation pour des raisons évidentes : il ne reste plus que 16 territoires à « décoloniser », de petits archipels, britanniques en majorité, ainsi qu’un gros morceau de désert constitué par le Sahara occidental, annexé par le Maroc lorsque le colonisateur espagnol est rentré chez lui en 1975. A noter que la Nouvelle-Calédonie française figure parmi ces seize territoires « non autonomes », selon l’appellation officielle. En revanche, n’y cherchez pas le Tibet, le Sinkiang, la Tchétchénie ou le Kurdistan, ce ne sont pas des colonies au sens strict, même si ces territoires comptent des millions d’habitants qui n’ont guère eu le loisir de se prononcer sur leur destin.

En revanche, la Grande-Bretagne se voit mise en cause tous les ans au sujet de Gibraltar et des Malouines dont les populations n’ont clairement aucune envie d’indépendance. Elles ne se vivent pas comme des colonies, comme vient le répéter tous les ans le premier ministre de Gibraltar, et elles ne souhaitent pas non plus dans ces deux cas un rattachement à leur voisin espagnol et argentin.

Cela est bien embêtant pour les décolonisateurs purs et durs. Car la deuxième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme s’achève dans deux ans et ils auraient bien aimé que la liste des territoires non autonomes soit enfin vide. Si j’osais, j’ajouterais que l’on pourrait alors peut-être enfin passer aux choses sérieuses et inviter les Tibétains, les Ouïghours, les Tchétchènes ou les Kurdes, mais on risquerait de me rétorquer que leur cas n’a rien à voir avec le colonialisme.

(à suivre)

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