Changement climatique au Conseil des droits de l’homme

GENEVE – Rien n’est jamais statique et même les glaciers avancent, quand ils ne reculent pas. Ainsi, le Conseil des droits de l’homme, jeune institution onusienne née il y a trois ans, n’est pas figé ; en tout cas pas encore. J’ai raconté à plusieurs reprises ici même comment certains Etats s’efforçaient de faire taire les organisations non gouvernementales (ONG) quand celles-ci disaient des choses déplaisantes pour eux ; cela arrive souvent, vu qu’elles sont là pour mettre le doigt là où ça fait mal. Du moins les ONG authentiques. La grande surprise de l’actuelle session du Conseil, la 11e, qui s’achève aujourd’hui, aura été de ne plus assister aux interruptions provoquées précédemment par les délégations de certains pays lorsque des ONG évoquaient, par exemple, le sort des Tibétains, des Berbères ou que l’orateur mettait en cause l’application de la loi islamique par exemple. Désormais, on laisse causer.

Il semble y avoir deux explications à cela. D’une part, tenter de museler les défenseurs des droits de l’homme n’est pas du meilleur effet au Conseil des droits de l’homme même si certains pays ne s’arrêtent pas à cela. Mais aussi et surtout, certaines délégations ont ouvert le micro à des voix moins critiques. Ainsi, des ONG très favorables aux pays dont on examine les performances en matière de droits de l’homme, sont de plus en plus nombreuses à s’exprimer. Cuba, par exemple, a eu droit à un concert de louanges lors de cette session, à la notable exception d’organisations comme Amnistie Internationale ou de Human Rights Watch. Sans être désignées nommément, ces dernières se sont vu accuser par Cuba de faire des droits de l’homme une activité « lucrative » (*). A l’inverse, la République tchèque s’exprimant au nom de l’Union européenne a jugé préoccupant que certains intervenants de la société civile puissent être manipulés.

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(*) Extrait de l’intervention de Cuba : Grâce à des « subterfuges », certaines organisations non gouvernementales parviennent à s’introduire dans les listes d’orateurs. Il s’agit « d’ONG transnationales gravitant dans l’orbite genevoise qui utilisent leur connaissance du terrain, leurs relations et leurs contacts, ainsi que le pouvoir et l’influence que leurs garantissent les magnats qui les financent et les appuient. Qui a décidé que seule la participation de quelques super ONG, certaines clientes du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, puisse légitimer l’examen d’un pays ? Qui a donné à ces transnationales qui voient une activité lucrative dans les droits de l’homme le droit d’insulter des gouvernements ou des ONG nationales, uniquement parce que ceux-ci défendent un point de vue différent ? », a demandé le représentant de Cuba. Celui-ci a ajouté que les ONG nationales ayant « une expérience directe du terrain et connaissant la réalité quotidienne devaient avoir la priorité dans les débats». Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra avoir une participation réellement informée de la société civile dont la contribution est indispensable, selon la délégation cubaine.

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