NEW YORK – Pour échapper à la mort lors d’un séisme, il faut avoir soit de la chance, soit de l’intuition assortie du bon réflexe. Il faut même certainement avoir les trois à la fois. C’est du moins ce que l’on peut en conclure à la lecture du récit de Jens Kristensen. Cet employé de l’ONU a eu la bonne idée de se blottir sous une table. Il est sorti vivant des décombres de l’hôtel Christopher qui hébergeait la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Emmuré pendant cinq jours, ce Danois de 48 ans raconte qu’il a eu le sentiment de survivre dans un cercueil de béton.
Alors que l’on doit prendre une décision dans l’instant, il ne doit pas aller de soi de s’accroupir sous une table ou un bureau au lieu de se précipiter vers une porte de sortie. L’instinct commande sans doute de se sauver mais c’est en contradiction des conseils donnés en cas de séisme.
Il y a ainsi une poignée de miraculés parmi les 170.000 morts du tremblement de terre du 12 janvier. Encore hier, deux semaines après la formidable secousse, une jeune fille de 16 ans a été retrouvée vivante sous les décombres. Ce retour parmi les vivants ne doit pas être facile. Jens Kristensen a pourtant repris son boulot normalement. Il n’exclut pas, néanmoins, de subir dans quelques semaines le contrecoup psychologique de cette expérience traumatisante.