Jeunes pilotes de ligne menacés par le chômage : le cas de la promotion Jean Marcot

Hommage rendu à Jean Marcot, copilote sur Concorde, par son camarade de promo Jean-Claude Emond. Le Bourget 11/01/12

LE BOURGET – La menace du chômage, dès la sortie des grandes écoles, plane désormais aussi sur l’élite de l’aviation française. La nouvelle promotion des élèves pilotes de ligne de l’Ecole nationale de l’aviation civile (ENAC) risque de ne pas être plus épargnée que le reste de la jeunesse. Le baptême de cette promotion de jeunes pilotes, millésime 2009, a eu lieu hier au Musée de l’air et de l’espace du Bourget. Celle-ci portera le nom de Jean Marcot, du nom du copilote de l’avion Concorde d’Air France qui s’est écrasé le 25 juillet 2000 près de Paris, entraînant au total 113 personnes dans la mort, à une poignée de kilomètres du Bourget. C’est ce même aérodrome du Bourget qu’a tenté désespérément de rejoindre le commandant de bord, Christian Marty, épaulé par son copilote et son mécanicien. L’équipage avait l’espoir de parvenir à y poser l’aéronef, en feu depuis son décollage de Roissy-Charles-de-Gaulle quelques minutes auparavant.

Nous sommes onze ans et demi plus tard, en ce 11 janvier 2012. La promotion Jean Marcot 2009, fraîche émoulue, rencontre la promotion Jules Védrines 1969 dont faisait partie le copilote du Concorde. Quarante années séparent les deux promos, les camarades de Jean Marcot étant désormais de jeunes retraités.

Quarante années et… 20.000 heures de vol plus tard. En 1969, un élève quittait l’école avec 450 heures de pilotage à son actif, chiffre qu’il multipliait par deux lors de son service militaire avant d’entrer vraiment dans la carrière. Aujourd’hui, grâce ou à cause des simulateurs de vol, les élèves pilote n’ont plus que 190 heures de vol réel lorsqu’ils sortent de l’ENAC. Et comme chacun(e) sait, simulation ne vaut pas sensation quelle que soit la manière de « s’envoyer en l’air »…

Autre temps, autre mœurs, alors qu’en 69, le jeune pilote entrait pratiquement d’office à Air France, aujourd’hui, les débouchés se sont considérablement rétrécis (*). Seule certitude, l’incertitude de leur avenir professionnel pour les 51 titulaires (dont quatre femmes) de la promotion Jean Marcot. L’un d’entre eux me confiait hier que ça ne pesait pas lourd un CV affichant 190 petites heures de vol, surtout si l’on envisage de postuler dans une compagnie aérienne étrangère n’ayant pas de lien particulier avec l’ENAC.

(*) Air France a annoncé, jeudi (12 janvier 2012), un plan d’économies drastique qui prévoit notamment la réduction de sa flotte et la baisse de ses investissements. Pour réaliser plus d’un milliard d’économies immédiates, le groupe a décidé de geler les salaires en 2012 et 2013 et de poursuivre le gel des embauches décidé en septembre.

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