2011, l’année Fukushima

PARIS – « La catastrophe de Fukushima est un événement majeur. Elle marque l’histoire du nucléaire, comme Three Mile Island et Tchernobyl. Il y aura un avant et un après Fukushima« , déclare André-Claude Lacoste, président de l’Autorité française de sûreté nucléaire (ASN), dans le journal Le Monde daté de ce 4 janvier. En ce sens, l’année 2011 est et restera certainement « l’année Fukushima« . Après le déni des risques insensés pris par l’homme apprenti sorcier avec cette industrie à nulle autre pareille, le principe de réalité semble commencer enfin à avoir un début de droit de cité : « Malgré les précautions prises, un accident nucléaire ne peut jamais être exclu« , reconnaît en effet le président de l’ASN dans le même entretien. Et en dépit de cette prise de conscience qui constitue en même temps un aveu, il reconnaît que « c’est quand même un choc de voir un accident qui conduit à l’évacuation de 200.000 personnes, un territoire de 2000 kilomètres carrés ravagé. C’est un choc intellectuel« .

Corinne Lepage, ancienne ministre française de l’environnement,  note que c’est le mythe de la sûreté absolue qu’a remis en cause Fukushima, ainsi que la capacité de l’industrie nucléaire et des États à maîtriser une situation de crise. « C’est donc le débat qui change de nature parce que l’impensable devient possible ou probable. L’humanité prend conscience qu’un choix a été fait par quelques uns, choix qui repose sur un pari immense et criminel, au mieux, voire un mensonge« , écrit-elle dans son livre « La vérité sur le nucléaire – Le choix interdit« , paru l’an dernier chez Albin Michel.

Alors, face aux partisans de la sortie du nucléaire, quand certains rétorquent « indépendance énergétique », « préservation des emplois », « maintien d’une industrie de pointe », on se demande s’ils parlent de la même chose et si on est bien au même niveau. Tout cela – indépendance, emplois, industrie – est bel et bon mais à quel prix ? Celui du risque pris quant à la vie même d’une population sur son territoire ? A quel prix en cas d’accident ? Celui de rendre inhabitable des régions entières pour des centaines ou des milliers d’années, autrement dit pour toujours ? Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle, cette fameuse chandelle avec laquelle on nous menace de devoir nous éclairer en cas d’abandon de l’atome ? Il semble que la réponse devrait être évidente à toute personne douée de bon sens.

Fonderie de cloches Obertino à Labergement-Sainte-Marie (Franche-Comté)

Un commentaire sur “2011, l’année Fukushima

  1. Et pourquoi un autre type d’énergie, moins dangereux, ne créerait-il pas à son tour des emplois? De toute façon, le seul espoir qui reste est le coût du nucléaire, si on veut lui appliquer, à lui aussi, le « principe de précaution ». Le coût, ça c’est un discours qui peut être entendu, y compris par les politiques. Il s’agit d’argent, bien sûr, pas de vies humaines ou d’environnement!

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