De Ferguson à Genève, le chemin de croix des parents de Michael Brown

Les Parents de Michael Brown, assistés de leur conseil

GENEVE – « Aucun parent ne devrait voir son enfant tué par la police« . C’est ainsi que le 11 novembre dernier, à Genève, M. Brown, le père du jeune Michael Brown concluait son témoignage devant le Comité contre la torture (*) des Nations unies. Le moment était particulièrement poignant, ce qui n’est pas si fréquent à l’Onu. Auparavant, la mère du jeune homme de 18 ans abattu par un policier l’été dernier à Ferguson dans le Missouri, à la suite d’une altercation entre les deux hommes, n’avait en effet pu aller au bout de la déclaration écrite qu’elle avait préparée, tant elle était émue. M. Brown dira qu’il aurait aimé pouvoir faire rempart de son corps pour protéger son fils des balles du policier meurtrier.

Celui-ci vient d’être blanchi par une justice qui a décidé qu’il n’était même pas utile de le juger dans le cadre d’un procès en bonne et due forme, ce qui a déclenché de nouvelles émeutes à Ferguson et des manifestations dans de nombreuses villes des États-Unis. « Blanchi », c’est le cas de le dire, puisque cette affaire illustre une nouvelle fois le racisme d’une police très majoritairement blanche qui a la gâchette facile face à une population noire dont elle a peur.

Les experts du Comité contre la torture ont écouté les témoignages des organisations non-gouvernementales américaines lors d’une réunion qui avait lieu à huis clos. Il s’agissait de préparer l’audition de la délégation des États-Unis qui s’est déroulée les deux jours suivants, les 12 et 13 novembre. Les ONG se sont montré très combatives, virulentes même, dans la dénonciation de l’impunité des forces de l’ordre. Selon elles, les policiers américains ne sont pratiquement jamais mis en cause en cas de bavure.

Le policier qui a abattu Michael Brown dit avoir la conscience tranquille et affirme qu’il aurait réagi de la même manière face à un Blanc. Autrement dit, en Amérique, il est normal pour un policier s’estimant menacé d’abattre tout individu suspect, même s’il n’est pas armé. La déontologie des forces de l’ordre dans ce pays semble ignorer une notion aussi élémentaire que l’usage de la force proportionné à la menace. Je dégaine et je tire d’abord – en vidant mon chargeur vers le haut du corps – et je pose des questions éventuellement ensuite…

Ce pays est décidément malade de sa culture du colt, du revolver et de la winchester. On est affligé de constater que, dans ce domaine comme dans bien d’autres, l’élection d’un président métis n’aura rien changé.

(*) Les dix experts internationaux composant le Comité contre la torture sont chargés de vérifier le respect par les 156 États signataires de la Convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

[wpsr_socialbts]

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s