Camp retranché

 img_0150.1206186235.JPGNEW YORK – De retour sur les bords de l’East River, la Rivière de l’Est, pour l’Assemblée générale des Nations unies. Le « palais de verre » est bouclé par la police et les services de sécurité états-uniens. L’assemblée générale battra son plein jusqu’à Noël mais seuls les trois premiers jours donnent lieu au déploiement d’une telle force de dissuasion car c’est la semaine où les chefs d’Etat du monde entier sont présents. La 1ère avenue qui passe devant l’Onu est barrée par des blocs de béton et des barrières métalliques, des hélicoptères quadrillent le ciel, et les gardes-côtes croisent sur l’East River. Certains carrefours sont même barrés par des poids-lourds chargés de sable ; je suppose que leur rôle est d’absorber le souffle d’éventuelles voitures suicide. La voie sur berges qui passe sous l’ONU est fermée.

Un tel déploiement provoque des embouteillages considérables le matin et, tous les ans, les télés locales ne manquent pas de sonder les gens dans la rue. Qu’est-ce que vous pensez de tous ces embarras, ça ne vous fait pas enrager ? L’an dernier, une femme avait répondu en se demandant pourquoi l’ONU ne siégeait pas plutôt à Genève où elle serait bien plus à sa place. Bonne idée, je pourrais rentrer tous les week-end à la maison ! Et cette année, une autre disait que les gens importants devraient être traités comme tout un chacun : vous vous faites escorter par des gorilles, vous ? Cette dame n’avait pas tout à fait tort et, d’ailleurs, certains chefs d’Etat ne prennent pas autant de précautions : l’an dernier, j’ai vu le président bolivien, Evo Morales, sortir à pied de l’Onu en tenue décontractée, et remonter la 42e rue avec quelques personnes comme s’il allait prendre le métro. Hier, j’ai croisé le Croate Stipe Mesic qui ne semblait pas avoir d’escorte particulière pour traverser la 1ère avenue et se rendre au dîner officiel. Heureux présidents de petits pays… Small is beautiful.

And big is… really big. Hier soir, je suis resté bloqué un quart d’heure à un quart four (carrefour à quatre rues) de la 2e avenue : interdiction de traverser, un cortège officiel étant annoncé. Je ne sais pas si c’était Bush mais c’était impressionnant : rompant la quiétude ambiante (plus rien ne circulait), sont soudain apparus une quinzaine de véhicules, aux gyrophares aveuglants, escortés de motards, fonçant en direction de l’ONU : berlines aux vitres fumées, 4×4 blindés, une ambulance même… A croire que certains ne se déplacent pas sans leur bloc opératoire. Face à nous, piétaille sans importance, Les policiers étaient fermes mais aimables, à moins que ce ne soit l’inverse. Les gens étaient patients et ils ne rouspétaient pas comme n’auraient pas manqué de le faire des Parisiens.

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