Tour du Bronx II

BRONX – Un an plus tard, dimanche dernier 21 octobre 2007, j’ai fait une nouvelle incursion dans le Bronx. Pas téméraire pour deux sous (2 cents), j’étais dans la roue de plusieurs milliers de cyclistes, n’ayant toujours pas le goût des avant-gardes. Contrairement à l’an dernier où j’avais sagement opté pour l’itinéraire de 25 miles (une petite quarantaine de kilomètres), j’ai opté cette fois pour l’itinéraire de 40 miles (60 km) qui, comme on pouvait s’y attendre, s’est révélé beaucoup plus sportif et surtout nettement moins folklorique (voir la chronique de l’an dernier ci-après inédite sur ce blog).

Se balader dans le Bronx, c’est comme aller se promener en banlieue parisienne, mais en passant presque sans transition des cités bétonnés de Sarcelles aux résidences huppées de Neuilly. Souvenir marquant de cette année : le cimetière de Woodlawn, la « pelouse du bois« , où sont enterrés les riches du quartier de Riverdale. Sans fausse modestie, ils se sont fait bâtir des mausolées en forme de Parthénon ou ériger des obélisques dont les heureux propriétaires semblent vouloir encore rivaliser dans l’au-delà.

http://www.tourdebronx.org

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Chronique inédite du 1er novembre 2006

« Tour de Bronx »

 Le Bronx : voilà un endroit à faire peur, un quartier mal famé à éviter, à moins de chercher les ennuis. C’est l’idée que je m’en faisais avant de succomber à la curiosité. Prenant mon courage à deux pieds, j’ai enfourché ma bicyclette mais, pour plus de sûreté j’y suis allé accompagné de plusieurs… centaines d’amis. L’autre dimanche, c’était en effet le « Tour de Bronx », événement annuel pour les amateurs de deux roues et pour les opposants au tout-automobile en ville – New York n’est pas à l’avant-garde en ce domaine même s’il existe une très belle piste cyclable le long de l’Hudson (où je me suis d’ailleurs pris une amende de 50 dollars dès mes premiers coups de pédale en septembre pour avoir fait une brève incursion dans un secteur réservé aux piétons). « Tour DE Bronx », ça sonne bizarre pour un francophone mais pas pour un Américain qui a pour référence linguistique le Tour DE France. Dans le métro (le Bronx, c’est loin de Manhattan), j’ai rencontré mes premiers semblables, dont deux Italiennes qui avaient choisi comme moi le trajet « court » de 25 miles et non pas celui de 40 miles, réservé aux cyclistes qui en  veulent. Pas si court que ça au demeurant mais pépère pour des pédaleurs de tous gabarits, avec plusieurs pauses pipi et ravitaillement. La récompense finale tenait en une part de pizza et une boisson offertes par Domino’s à la fin du périple dans les Jardins botaniques situés à côté du fameux zoo du Bronx. Alors le Bronx c’est comment ? « Y’a rien là », comme on dit au Québec. Autrement dit, il n’y a vraiment pas de quoi en faire une montagne. Sinon que c’est très grand, pas vraiment plat, et qu’il vaut mieux le visiter à vélo ; qu’on y traverse de grands parcs et un très beau cimetière italien. Il y a même des enclaves résidentielles bien que le quartier ne soit manifestement pas le plus riche de la ville. Quant aux habitants, ils n’ont pas l’air bien méchants. On a même eu droit à des applaudissements et des encouragements : l’apparition et le défilé de cette ribambelle de cyclistes a suscité des « I love that ! » (j’adore !) et des « I like that ! » (super !) sur les trottoirs et les balcons – où il y avait parfois du monde. Il faut dire que certains cyclistes new-yorkais, ceux de couleur en particulier, ont le sens du spectacle pour ne pas dire du carnaval. Il est vrai que Halloween approchait et que quelques façades et jardins étaient déjà égayées de squelettes, fantômes, fausses pierres tombales du meilleur goût et autres citrouilles ricanantes. Il y avait Superman dans sa tunique bleue et rouge, il y avait un vélo Batman (avec masque de l’homme chauve-souris sur le guidon), et surtout quelques sonos ambulantes sur deux roues, voire trois, celles d’un tricycle tonitruant guidé par un Noir fier comme un petit banc : certains porte-bagages étaient en effet équipés de haut-parleurs qui ne faisaient pas dans la musique de chambre. Dans la même tonalité quelque peu cacophonique, des avertisseurs puissants sur certains guidons jouaient aussi leur partition dissonante. Pour ajouter une touche finale au décorum, certains cyclistes avaient hissé les couleurs : des drapeaux américains et portoricains flottaient au vent, de plus en plus frisquet plus la journée et le périple avançaient. Le bon goût patriotique voulait qu’une bannière étoilée de belle taille soit placée au dessus de l’emblème de Porto-Rico, généralement plus petit. Mais de fortes têtes se contentaient d’arborer uniquement le drapeau de cette colonie américaine des Caraïbes dont la diaspora a fait du Bronx sa deuxième patrie.

bgiansetto@orange.fr

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