Droit(s) au retour

palestine_du_mandat_britannique.1209676923.jpgPARIS – Les Palestiniens, qui ont abandonné leurs foyers il y a tout juste 60 ans, ont-ils un droit au retour, à l’instar des juifs qui ont quitté la Terre sainte il y a 2000 ans ? Cette question a été débattue lors d’une réunion consacrée aux réfugiés palestiniens cette semaine à l’Unesco. Car, aussi absurde qu’elle puisse apparaître à tout esprit raisonnable, elle se pose réellement.

Elle l’a été lors d’un séminaire de deux jours organisé par le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien,  une instance onusienne boycottée par Israël – un universitaire israélien faisant partie des intervenants a bien précisé qu’il ne représentait en rien son gouvernement.

Selon Sylviane de Wangen, une juriste française, le droit au retour est individuel et non transmissible dans le droit contemporain, ce qui signifie concrètement que lorsque tous les Palestiniens déracinés en 1948 et 1967 auront disparu, leurs enfants n’hériteront pas de leur droit à revenir s’installer sur la terre de leurs ancêtres. En revanche, les juifs du monde entier, même s’ils n’ont bien souvent aucune racine directe avec la terre de Moïse et d’Abraham, bénéficient de ce droit pour la simple raison qu’Israël, Etat souverain, en a ainsi décidé dans sa loi. Ce qui signifie implicitement que seul un éventuel – et chaque jour plus improbable (*) – Etat palestinien pourrait édicter à son tour le droit au retour des actuels quatre millions et demi de réfugiés palestiniens.

Inutile de dire que ce point de vue n’a pas fait plaisir à une assemblée plutôt propalestinienne. Un autre juriste français, ainsi qu’un avocat arabe de Jérusalem ont rétorqué qu’il existait suffisamment de résolutions de l’Onu reconnaissant le droit au retour des Palestiniens pour pérenniser celui-ci.

Mme de Wangen avait toutefois expliqué dans son exposé qu’elle s’efforçait « de bien distinguer ce qui relevait du droit international et ce qui relevait de la revendication politique légitime« . Car, selon elle, « il ne faut pas demander au droit ce qu’il ne peut donner et ne pas confondre droit, justice et morale. C’est pourquoi le droit ne règle pas tout et, s’il est un outil indispensable, il ne remplace pas la lutte politique et la négociation« .

(*) voir le point de vue du diplomate français Stéphane Hessel : www.liberation.fr/rebonds/323892.FR.php

o-o-o

Pour ceux que la question passionnerait, on peut trouver un résumé de l’intervention de Sylviane de Wangen à l’adresse suivante: www.un.org/News/fr-press/docs/2008/AGPAL1086.doc.htm ;

et le point de vue divergent de son collègue Géraud de la Pradelle : www.un.org/News/fr-press/docs/2008/AGPAL1087.doc.htm

Les autres comptes-rendus du séminaire se trouvent aux adresses suivantes :

www.un.org/News/fr-press/docs/2008/AGPAL1083.doc.htm et

www.un.org/News/fr-press/docs/2008/AGPAL1085.doc.htm

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