Tu ne tueras point

PARIS – On commémore ces jours-ci le quinzième anniversaire du génocide rwandais. Ils étaient très efficaces les « génocidaires » hutus avec leurs machettes, arme de destruction massive improbable mais qui leur a suffi pour anéantir 800.000 personnes en trois mois. Les génocidaires hutus ont égalé les exterminateurs turcs et khmers rouges qui ont usé eux aussi de moyens très artisanaux contre les Arméniens dans le premier cas, contre les « ennemis du peuple » dans le second.

Il y a quinze ans, j’avais entendu un prêtre ayant exercé son sacerdoce au Rwanda dire son effarement devant le fait que l’évangélisation des populations depuis des décennies ne les ait pas empêché de sombrer dans la barbarie. La réflexion m’avait beaucoup frappé. En effet, faut-il le rappeler, l’un des principaux commandements de la Bible est : « Tu ne tueras point« . Cela ne revenait-il pourtant pas à dire que le christianisme avait été un simple vernis et que ces gens étaient restés au fond d’eux-mêmes des sauvages ? J’avais été troublé. Les Rwandais sont pratiquants et la plupart des tueurs allaient à l’église ou au temple. Même des religieux avaient trempé dans le bain de sang. Comment expliquer un tel triomphe du mal ?

Pas par l’africanité des tueurs en tout cas. Il y a soixante ans en Europe, des membres d’un des peuples les plus civilisés du vieux continent ont massacré leurs semblables, simplement parce ce qu’ils étaient juifs ou tsiganes. Les Allemands étaient chrétiens depuis quinze siècles et les nazis avaient tous appris les Dix Commandements lorsqu’ils étaient enfants et innocents.

Un commentaire sur “Tu ne tueras point

  1. “Tu ne tueras point”… Certes, mais que dire d’un texte, l’ancien testament en l’occurence, qui retrace l’épopée d’un peuple élu entre les peuples ?
    Un dieu unique, pour un peuple d’exception.
    Hitler n’a pas dû aller chercher bien loin pour écrire Mein Kampf. Sauf que Moïse c’était lui, initiateur du culte de la Nature élevée au rang de Mère Eternelle.
    C’est si facile de déraper lorsqu’on est persuadé d’avoir Dieu à ses côtés (ou la déesse Nature, pour les nazis qui s’étaient affranchis du texte biblique). Le message d’amour des évangiles n’aura sans doute pas suffi à enrayer ce paradoxe.

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