Arménie-Turquie : vive le foot, à bas la guerre !

drapeau-armenien.1255735878.jpgdrapeau-turc.1255735917.gifNEW YORK – La première fois que j’ai assisté à un match de football, c’était à Bursa, ville de l’ouest de la Turquie d’où était originaire mon grand-père arménien. Jeune homme, il avait fui, avec ses parents au début des années vingt, sa ville natale de Brousse, comme on disait à l’époque.

En 1972, un demi-siècle après son exil, quinze ans après sa mort, j’ai assisté dans le stade de Bursa à une rencontre qui opposait l’équipe locale à celle d’Ankara, dans le cadre, je crois, d’une finale de coupe nationale. Pour moi qui ne m’intéressais guère au foot, tout l’intérêt de la chose avait résidé dans l’ambiance extraordinaire des tribunes. Il y avait des sortes de chefs d’orchestre qui faisaient scander des slogans aux supporteurs en donnant le rythme des mots ou des phrases avec de grands mouvements de bras. Il faisait chaud, c’était en plein après-midi, le public était chauffé à blanc, bref, c’était une ambiance extraordinaire que je n’ai d’ailleurs guère retrouvée lors des quelques autres rencontres auxquelles j’ai assisté, de nombreuses années plus tard, au Parc des Princes à Paris ou au Stade de France.

Ce 15 octobre, le stade de Bursa a accueilli l’équipe d’Arménie, match retour d’une première rencontre qui avait eu lieu à Erevan. L’hymne arménien a été sifflé, un car de journalistes dans lequel se trouvaient entre autres des Arméniens caillassé… Bref, ce n’est pas gagné du côté de la réconciliation. Mais il y a quand même un peu d’espoir, surtout quand on entend ou lit des intellectuels et historiens turcs qui reconnaissent clairement le mauvais sort fait aux Arméniens en 1915. Sans utiliser le mot de génocide, ils reconnaissent ce nettoyage ethnique qui a pratiquement éradiqué l’Anatolie de sa population de souche.

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Rappel du contexte (source LeMonde.fr)

Le football pour réconcilier Arménie et Turquie
Les présidents turc et arménien se sont retrouvés mercredi à Bursa, en Turquie, pour un match de football des équipes nationales, un événement hautement symbolique, quatre jours après la signature d’accords pour rétablir les liens diplomatiques. Abdullah Gül et Serge Sarkissian ont eu avant le match un entretien « dans une atmosphère extrêmement positive« . L’hymne national arménien a toutefois été sifflé au début de la rencontre. « Nous n’écrivons pas l’Histoire, nous sommes en train de la bâtir« , a déclaré le président turc. Le match gagné 2-0 par la Turquie constituait une étape dans le rapprochement historique des deux pays, opposés depuis près d’un siècle sur la question des massacres d’Arméniens sous l’empire ottoman (1915-1917), considérés comme un « génocide » par l’Arménie, un terme rejeté par la Turquie.

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