Les Etats-Uniens votent

NEW YORK – Les Etats-Uniens élisent leur président et leurs représentants. Au terme d’une très longue campagne électorale, interminable semblent penser beaucoup d’Américains, ils votent donc pour réélire leur premier président « de couleur » ou pour envoyer à la Maison Blanche le premier président mormon (personne n’est parfait), mormon donc mais parfaitement blanc et propre sur lui.

Ils votent mais ça ne se voit pas. Nulle affiche dans la rue. En dehors des réunions publiques, tout s’est passé à la télévision et à la radio, avec des sommes folles dépensées par les deux grands partis dans des séquences de propagande et de contre-publicité.

La seule affiche de propagande électorale repérée à New York, pas très loin de l’ONU sur la 1ère avenue, quatre jours avant le scrutin présidentiel de ce 6 novembre. Albany est la capitale de l’Etat de New York où siègent ses députés.

Il y a eu quatre débats, trois entre les deux candidats au poste suprême, et un avec les seconds couteaux, Joe Biden et Paul Ryan. Pas très exaltante, cette campagne et ces débats, l’horizon indépassable des candidats semblant être à l’unisson « to cut taxes » (de baisser les impôts), phrase qu’ils ont dite et répétée à satiété. Seule différence entre eux : Obama veut baisser les impôts pour la classe moyenne – comprendre la majorité des gens « normaux », pas les pauvres, ni les très riches – et les augmenter pour les riches ; Mitt Romney prétend quant à lui les baisser pour tout le monde, tout en augmentant les crédits militaires et en comblant le déficit abyssal…

L’autre leitmotiv de Romney est sa volonté affichée, sa prétention à aider ses compatriotes à trouver un bon boulot – « to find a good job » (prononcer faïnd è goude djâââb, refrain qui revient aussi sans arrêt). Pas un mot d’aucun des deux sur le contrôle des armes, qui permettent périodiquement aux fêlés de faire des carnages dans ce pays, pas grand-chose non plus sur le changement climatique. Car ici, le réchauffement de la planète, c’est le contraire de Dieu : la droite n’y croit pas et elle s’accrochera à cette conviction, contre vents et marées, en attendant passivement le déluge final.

Dans le troisième et dernier débat il y a eu un moment amusant pour un étranger, tragi-comique, devrais-je plutôt dire, lorsque Romney a reproché à Obama de s’être excusé pour les mauvaises actions de l’Amérique, lorsque celle-ci a « dicté » sa volonté aux autres. Le républicain a pris un air outré : l’Amérique, a-t-il dit, n’a jamais dicté quoi que ce soit :  « No, Mr. President, America has freed other nations from dictators » (non, M. le président, l’Amérique a libéré d’autres nations des dictateurs). Les Latino-Américains mais aussi les Egyptiens, les Iraniens, les Viêtnamiens, voire les Sud-Coréens et bien d’autres, apprécieront le rôle trouble joué pendant des lustres par la CIA dans leur vie politique, fomentant parfois carrément des coups d’Etat, sans parler de l’armée américaine.

Enfin, heureusement, c’est du passé et si le président Barack Obama a présenté les excuses des Etats-Unis, on ne voit pas son possible successeur les reprendre.

Un commentaire sur “Les Etats-Uniens votent

  1.  » God bless America !  » Certes, mais qu’il n’oublie surtout pas les peuples qui auront à subir l’impact direct et/ou les chocs en retour de la politique pilotée du fameux Bureau ovale – quel que soit le vainqueur du duel électoral de ce mardi.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s