Quand la frustration des Palestiniens s’exprime à l’ONU

Le 5 juin 1967, éclatait la Guerre des six jours qui devait permettre à Israël de conquérir la Cisjordanie, Jérusalem-Est, la bande de Gaza, le Sinaï égyptien et le Golan syrien. Quarante-cinq plus tard, et en dépit de nombre de résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu, Israël occupe toujours la Cisjordanie qu’il a entrepris de coloniser. Jérusalem et le Golan ont été annexés.

PARIS – « Le sentiment qui nous opprime, qui nous oppresse, c’est que nos amis palestiniens se trouvent encore dans une situation inacceptable face à laquelle il est légitime de s’indigner ». Ces mots, Stéphane Hessel, auteur du pamphlet « Indignez-vous !« , les a prononcés la semaine dernière à l’Unesco où se tenait une réunion de trois jours sur la question palestinienne.

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture accueillait en effet un séminaire du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, instance créée en 1975 par l’Assemblée générale de l’Onu et à laquelle participent une cinquantaine de pays. Israël ignore ledit Comité, ainsi que les Occidentaux à la notable exception de… Chypre et de Malte.

Quelques rares Israéliens étaient néanmoins présents à l’Unesco, des représentants d’organisations pacifistes de gauche telles que La Paix Maintenant. On ne peut pas dire qu’ils aient été récompensés de leur bonne volonté, les échanges ayant été teintés d’une « frustration bien palpable« , comme l’a noté le président du Comité et ambassadeur du Sénégal à l’Onu, Abdou Salam Diallo. Bien qu’elle soit face à de jeunes Israéliens venus expliquer à l’assistance leur combat contre la colonisation et pour la cohabitation israélo-palestinienne, la ministre palestinienne de la condition féminine, Rabiha Diab, n’a pas semblé les voir. « Les seuls jeunes Israéliens que je connaisse, n’a-t-elle pas craint de dire en substance, sont les militaires qui tiennent les barrages et qui nous tirent dessus« .

Une jeune Palestinienne de Ramallah a été durement critiquée pour les liens qu’elle a entrepris de tisser sur Internet avec des Israéliens via un site (YaLa Young Leaders) financé par une organisation israélienne, le Centre Pérès pour la paix. « Rien ne sera possible tant que les droits fondamentaux des Palestiniens ne seront pas devenus réalité« , lui a lancé la ministre. Un autre intervenant a critiqué ces tentatives de « normalisation à sens unique« , alors que la situation dans les territoires occupés est tout sauf normale. Cette coexistence virtuelle n’existe pas dans les faits et revient à « contourner la réalité« , a-t-on encore entendu.

Pour ma part, j’ai néanmoins envie de garder en mémoire, cet échange à l’issue de la réunion, entre deux jeunes, un Palestinien de Gaza et un Israélien faisant connaissance, rencontre tellement improbable, impossible aujourd’hui, sur leur propre terre. « Ah, tu viens de Gaza ? Tu es venu comment, en passant par où ? » Réponse : « Par l’Egypte, bien sûr« . C’est en effet la seule porte de sortie de cette prison à ciel ouvert, porte à peine entrouverte vers Le Caire.

Stéphane Hessel avait encore déclaré lors de son intervention qu’il était particulièrement affligeant pour un homme de sa génération ayant participé à la création de l’Onu de voir les décennies succéder aux décennies sans qu’aucune issue ne soit finalement jamais en vue au Proche-Orient.

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