GENEVE – Elle veut en finir avec la virginité obligatoire. Joumana Haddad, journaliste et écrivaine libanaise, suggère une solution radicale pour abolir l’exigence encore vivace, dans certaines sociétés, que les femmes arrivent vierges au mariage : elle propose de les déflorer bébés.
« Ce serait un bon moyen de se débarrasser de l’obsession de la virginité qui pourrit la vie de tant de femmes et d’hommes dans nos régions », dit-elle dans un entretien au journal suisse Le Temps de ce 9 mars. « Comme on circoncit les garçons, on devrait débarrasser les filles de cette membrane à laquelle est grotesquement suspendu leur honneur« .
Décidément, les Arabes n’ont pas fini de nous surprendre.
Alors que débute la nouvelle année, chacun cherche à prendre des résolutions
sur les changements qu’il souhaite introduire dans l’avenir.
Cela marche rarement, si j’en juge à mon expérience.
Je préfère plutôt dresser le bilan des domaines
où j’ai progressé lors de l’année écoulée
avant de retenir quelques intentions :
de vieilles habitudes
avec lesquelles
j’aimerais
rompre
ou de nouvelles
que j’aimerais développer.
Cela me donne plus de latitude,
plus d’espace pour inspirer ces changements
plutôt que de chercher à en introduire de totalement nouveaux.
GENEVE – « Les ‘gender studies‘, qui représentent l’idéologie dominante dans une certaine élite intellectuelle, refusent de considérer la part qui, en nous, relève de l’instinct animal. Le problème est que cette posture mentale empêche de comprendre ce qui se passe sous nos yeux.
« Nous vivons dans une société ‘allumeuse’, qui attise en nous des besoins archaïques et les utilise pour susciter des comportements de dépendance. Pendant que les élites dissertent sur la non-existence de l’instinct, les multinationales du sexe et de la beauté font leur beurre avec« .
Nancy Huston (interview au quotidien suisse Le Temps du 30 juin 2012)
(Réplique de Peer Gynt, pièce d’Henrik Ibsen, mise en scène de manière baroque et un rien délirante par Eric Ruf de la Comédie française, jouée jusqu’à hier dans le cadre crépusculaire du Salon d’honneur du Grand-Palais à Paris. « Je n’ai jamais rien écrit d’aussi fou« , estimait le dramaturge norvégien au sujet de son « poème dramatique ».)
PARIS – « Ce soir, il n’y a pas deux France qui se font face« , a déclaré François Hollande dans son discours de victoire. Il est à craindre qu’elles ne se tournent le dos, à l’image des affiches des deux candidats finalistes devant l’école du 19e arrondissement de Paris où j’ai voté.
Nicolas et François sont dans un bateau. Nicolas tombe à l'eau...
« Ce soir, il n’y a pas deux France qui se font face. Il n’y a qu’une seule France, une seule nation réunie dans le même destin. Chacune et chacun en France, dans la République, sera traité à égalité de droits et de devoirs « .
(François Hollande à Tulle au soir du deuxième tour de l’élection présidentielle de 2012)
PARIS – « La catastrophe de Fukushima est un événement majeur. Elle marque l’histoire du nucléaire, comme Three Mile Island et Tchernobyl. Il y aura un avant et un après Fukushima« , déclare André-Claude Lacoste, président de l’Autorité française de sûreté nucléaire (ASN), dans le journal Le Monde daté de ce 4 janvier. En ce sens, l’année 2011 est et restera certainement « l’année Fukushima« . Après le déni des risques insensés pris par l’homme apprenti sorcier avec cette industrie à nulle autre pareille, le principe de réalité semble commencer enfin à avoir un début de droit de cité : « Malgré les précautions prises, un accident nucléaire ne peut jamais être exclu« , reconnaît en effet le président de l’ASN dans le même entretien. Et en dépit de cette prise de conscience qui constitue en même temps un aveu, il reconnaît que « c’est quand même un choc de voir un accident qui conduit à l’évacuation de 200.000 personnes, un territoire de 2000 kilomètres carrés ravagé. C’est un choc intellectuel« .
Corinne Lepage, ancienne ministre française de l’environnement, note que c’est le mythe de la sûreté absolue qu’a remis en cause Fukushima, ainsi que la capacité de l’industrie nucléaire et des États à maîtriser une situation de crise. « C’est donc le débat qui change de nature parce que l’impensable devient possible ou probable. L’humanité prend conscience qu’un choix a été fait par quelques uns, choix qui repose sur un pari immense et criminel, au mieux, voire un mensonge« , écrit-elle dans son livre « La vérité sur le nucléaire – Le choix interdit« , paru l’an dernier chez Albin Michel.
Alors, face aux partisans de la sortie du nucléaire, quand certains rétorquent « indépendance énergétique », « préservation des emplois », « maintien d’une industrie de pointe », on se demande s’ils parlent de la même chose et si on est bien au même niveau. Tout cela – indépendance, emplois, industrie – est bel et bon mais à quel prix ? Celui du risque pris quant à la vie même d’une population sur son territoire ? A quel prix en cas d’accident ? Celui de rendre inhabitable des régions entières pour des centaines ou des milliers d’années, autrement dit pour toujours ? Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle, cette fameuse chandelle avec laquelle on nous menace de devoir nous éclairer en cas d’abandon de l’atome ? Il semble que la réponse devrait être évidente à toute personne douée de bon sens.
Fonderie de cloches Obertino à Labergement-Sainte-Marie (Franche-Comté)
PARIS – La lâcheté des hommes est légendaire et j’ai le sentiment que, bien souvent, les femmes sont plus courageuses que leurs compagnons. Les mâles ont certes la force physique, ils font la guerre depuis des millénaires, mais cette « supériorité » ne suffit paradoxalement pas nécessairement à affronter les situations délicates, voire conflictuelles de la vie courante. Dans le prochain film de Robert Guédiguian, « Les neiges du Kilimandjaro« , qui sort cette semaine, l’actrice Ariane Ascaride a la réplique suivante face à son partenaire à l’écran, Jean-Pierre Darroussin : « Tu es comme tous les hommes, tu es faible« .
Explication d’une Ariane Ascaride à l’unisson avec son rôle : « C’est vrai. Je pense que les hommes sont faibles, je veux dire fragiles. Votre éducation est très difficile« , disait-elle au journaliste de France-Inter qui l’interrogeait la semaine dernière (*). « On vous apprend à devoir tout le temps être les plus forts. On vous apprend à ne pas pleurer, à tout prendre en charge, ce qui doit être absolument terrifiant. Et on vous apprend aussi, pour beaucoup d’entre vous, à considérer les femmes comme des êtres faibles, poursuivait-elle. Or, c’est le contraire, je pense que les femmes sont plus fortes que vous. Elles ne l’ont pas décidé, c’est un fait, c’est une constatation. Vous n’y pouvez rien et nous n’y pouvons rien. »
(*) Entendu le 4 novembre dans l’émission Le grand entretien animé par François Busnel
PARIS – Dans six mois, les Français auront tout juste élu ou réélu leur président de la République. Le sortant, Nicolas Sarkozy, toujours très bas dans les sondages, peut-il être lâché par les siens, une fois que ceux-ci se convaincront de l’inéluctabilité du naufrage ? Réponse de l’ancien ministre du budget Alain Lambert, un déçu du sarkozisme, dans le journal Libération d’hier : « Plus on va s’approcher de la fin de l’année, plus les élus UMP (Union pour un mouvement populaire, le parti du président) regarderont les sondages. Qui sait ? Une quarantaine de députés pourraient tirer le signal d’alarme. En tout cas, ne partons pas du postulat que Sarkozy serait le seul candidat possible. Alain Juppé est probablement le seul recours possible. Il a une belle réputation internationale, une solidité morale et intellectuelle« .
Que reproche au juste Alain Lambert, cet ancien ministre des gouvernements Raffarin à un chef de l’Etat qui met finalement en oeuvre la politique de rigueur que lui-même appelait de ses voeux ? Réponse de M. Lambert : « … à six mois de l’élection, c’est un peu tard. Il doit emprunter exactement le chemin inverse de celui qui est le sien depuis le début du quinquennat. Après les baisses d’impôt et des dépenses supplémentaires, il doit faire le contraire. Il n’y a plus de choix. Dans six mois, la situation sera peut-être plus grave. Il faudra prendre des décisions encore plus difficiles. Pour relever le pays, il nous faut un géant et pas une pile électrique« .
Conclusion : Sarkozy peut-il être lâché par une partie des siens ? Manifestement, oui, tout comme l’avait été Jacques Chirac avant son élection de 1995.
PARIS – Qui affirme que « la hiérarchie des revenus n’a plus aucun rapport avec l’utilité sociale » ? Celui qui formule cette réflexion ce week-end dans le journal Libération n’est pas a priori un marxiste attardé : il s’agit d’Henri Guaino, proche conseiller et plume du président français, Nicolas Sarkozy.
Le journal lui demande ce qu’il pense de l’idée d’imposer un resserrement des salaires dans une fourchette de 1 à 10 dans les entreprises, comme certains le suggèrent. S’agit-il d’un « idéal démocratique » alors que certains dirigeants de sociétés sont gratifiés de revenus tellement mirobolants qu’ils en sont indécents pour le commun des mortels ?
Réponse d’Henri Guaino : « Je croyais que l’histoire nous avait vaccinés contre la fixation bureaucratique des prix et des salaires. C’est la pire façon de s’y prendre. Pourquoi 1 à 10, pourquoi pas 1 à 5 ou 1 à 20 ? Cette arithmétique est absurde. Mais le problème est réel : si l’on ne sait pas quel est le juste éventail des rémunérations, en revanche il est clair que l’écart actuel est insupportable pour la société. Les 1% les plus riches ont creusé vertigineusement l’écart avec les autres, au point que l’on retrouve des niveaux d’inégalité comparable à ceux de la révolution industrielle ! C’est d’autant plus insupportable que les uns sont de plus en plus riches et les autres de plus en plus en difficulté et que la hiérarchie des revenus n’a plus aucun rapport avec l’utilité sociale« .
Si c’est le conseiller du président qui le dit… Il ne lui reste plus désormais qu’à trouver la recette pour partager le gâteau.