Génocide arménien : S moins six

GENEVE – Dans six ans, cela fera un siècle qu’était déclenché le premier génocide du vingtième siècle, le 24 avril 1915. Il reste donc six petites années  pour que les Turcs reconnaissent enfin leur responsabilité historique dans le génocide arménien. Au train où vont les choses, ce n’est pas gagné et cette reconnaissance pourrait encore attendre bien au-delà de 2015. J’ai bon espoir néanmoins que celle-ci survienne, non pas forcément de mon vivant, mais en tout cas avant l’année 2115… Les signes positifs se multiplient en effet. Pas de la part du gouvernement turc, toujours aussi buté dans son déni, mais de la part de la société turque ou du moins de sa composante la plus ouverte et la plus éclairée. On se souvient de l’émotion soulevée en Turquie même par l’assassinat du journaliste turco-arménien Hrant Dink et de la foule considérable qui avait suivi les funérailles en 2007.

Je lis en ce moment un livre (*) d’un historien turc enseignant aux Etats-Unis qui regarde la réalité en face. Taner Akçam explique que le génocide a été planifié d’en haut et qu’il ne s’est pas agi de massacres épisodiques dans le contexte troublé de la Première Guerre mondiale, comme l’affirme Ankara. La valeur de l’ouvrage vient à ses sources. L’auteur s’appuie en grande partie sur des archives ottomanes, difficiles à décrypter pour tout historien qui ne serait pas capable de lire le turc orthographié en caractères arabes. En Turquie même, souligne-t-il, rares sont ses compatriotes capables de déchiffrer les textes datant d’avant l’adoption de l’alphabet latin, en 1928.

(*) « Un acte honteux – Le génocide arménien et la question de la responsabilité turque » de Taner Akçam (Denoël)

Le racisme : une haine maximale pour des raisons minimales

GENEVE – A la Conférence de Genève sur le racisme, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a fait les gros titres il y a deux jours avec son discours anti-israélien teinté d’antisémitisme. Depuis, de nombreuses autres allocutions ont été prononcées dans l’enceinte du Palais des nations, des paroles qui se sont aussitôt envolées sans trouver place dans nos bulletins d’information.

Pourtant, quelques fois, certaines en vaudraient la peine. Ce matin, par exemple, M. Ndumiso Mamba, ministre de la justice et des affaires constitutionnelles du Swaziland, petit royaume d’Afrique australe, a cité le théologien et philosophe juif Abraham Joshua Heschel selon lequel « le racisme est la plus grave menace pour l’homme – une haine maximale pour des raisons minimales ».

Le ministre a déploré que certaines délégations (les Européens) aient opté « pour le précédent malheureux de quitter la salle des délibérations parce qu’elles n’étaient pas d’accord avec certaines parties du discours d’un orateur« . Or, a-t-il ajouté, le succès ou l’échec de la conférence repose sur la participation active et sur le soutien de tous à la déclaration finale – qui a été finalement adoptée hier après moults débats. M. Mamba a conclu en sortant une autre citation de sa besace d’honnête homme. Il a cité le philosophe irlandais Edmund Burke selon lequel « le mal progresse lorsque les hommes de bien ne font rien ».

Ahmadinejad s’est-il censuré ?

ahmadinejad-geneve.1241819949.jpgGENEVE – « Please check against delivery« , est-il écrit sur la page de garde de la version anglaise du discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad que celui-ci a prononcé devant la conférence sur le racisme ce lundi à Genève, allocution qui a soulevé un tollé – mais déclenché aussi des applaudissements. Cette petite phrase signifie qu’il faut vérifier ce qui est effectivement dit par rapport au texte écrit. « Vérifier au prononcé » ou « seul le prononcé fait foi« , indiquent généralement les discours en français.

Il se trouve que deux versions en anglais du texte de M. Ahmadinejad ont été distribuées. Une première avant qu’il ne monte à la tribune et qui ne contenait pas les violents propos anti-israéliens qu’il a proférés. Ceux-ci figurent dans la seconde version distribuée pendant l’allocution. Et pour compliquer l’affaire, le chef de l’Etat iranien n’a, semble-t-il, pas dit exactement la même chose (en persan) que ce qui figure dans la version écrite anglaise distribuée dans la salle. Dans cette dernière, il évoque en effet le fait que « les souffrances juives et la question ambiguë et douteuse de l’Holocauste » aient servies de « prétexte » aux grande puissance pour créer l’Etat d’Israël aux dépens de la population locale arabe palestinienne. Or, oralement, en persan, il n’a pas ajouté de qualificatifs à la Shoah, se bornant à évoquer « les souffrances juives et l’Holocauste« . C’est d’ailleurs, cette dernière traduction simultanée en français qui a été diffusée sur Radio-France par exemple.

Cet épisode soulève au moins deux questions : pourquoi la délégation iranienne a-t-elle distribué deux versions, la première étant expurgée de son contenu inacceptable pour les Occidentaux ; et pourquoi, à la tribune, Mahmoud Ahmadinejad, sous les huées et les applaudissements ne laisse-t-il pas entendre que le génocide juif serait « ambigu et douteux« , comme il l’a écrit ou fait écrire ?

Je n’ai évidemment pas de réponse. Je sais simplement que les Iraniens savaient que les diplomates européens avaient prévu de quitter la salle en cas de « dérapage » et qu’ils ont commencé par distribuer une version édulcorée du discours. Pour prendre les Européens par surprise ? Pour que la provocation soient encore plus éclatante ? Quant à la disparition des adjectifs « ambigu » et « douteux » au sujet de la Shoah, je m’interroge : les paroles s’envolent mais les écrits restent, même si la règle veut que l’on « vérifie au prononcé« .

Tu ne tueras point

PARIS – On commémore ces jours-ci le quinzième anniversaire du génocide rwandais. Ils étaient très efficaces les « génocidaires » hutus avec leurs machettes, arme de destruction massive improbable mais qui leur a suffi pour anéantir 800.000 personnes en trois mois. Les génocidaires hutus ont égalé les exterminateurs turcs et khmers rouges qui ont usé eux aussi de moyens très artisanaux contre les Arméniens dans le premier cas, contre les « ennemis du peuple » dans le second.

Il y a quinze ans, j’avais entendu un prêtre ayant exercé son sacerdoce au Rwanda dire son effarement devant le fait que l’évangélisation des populations depuis des décennies ne les ait pas empêché de sombrer dans la barbarie. La réflexion m’avait beaucoup frappé. En effet, faut-il le rappeler, l’un des principaux commandements de la Bible est : « Tu ne tueras point« . Cela ne revenait-il pourtant pas à dire que le christianisme avait été un simple vernis et que ces gens étaient restés au fond d’eux-mêmes des sauvages ? J’avais été troublé. Les Rwandais sont pratiquants et la plupart des tueurs allaient à l’église ou au temple. Même des religieux avaient trempé dans le bain de sang. Comment expliquer un tel triomphe du mal ?

Pas par l’africanité des tueurs en tout cas. Il y a soixante ans en Europe, des membres d’un des peuples les plus civilisés du vieux continent ont massacré leurs semblables, simplement parce ce qu’ils étaient juifs ou tsiganes. Les Allemands étaient chrétiens depuis quinze siècles et les nazis avaient tous appris les Dix Commandements lorsqu’ils étaient enfants et innocents.

Adieu Bernard, bienvenue Louis

img_3327.1239039627.jpgENTRE GENEVE ET CARPENTRAS – Je roulais vers le Sud, laissant Genève, les Alpes et le Jura enneigés derrière moi, et découvrant dans la région de Valence les taches roses des vergers de pêchers. Un message a atterri sur mon téléphone et j’ai songé qu’il s’agissait sans doute de l’annonce du décès d’un ami que je savais au plus mal. Je me suis arrêté pour le lire. J’ai d’abord cru que le message ne m’était pas destiné car c’était une naissance que l’on m’annonçait. Un ancien collègue-et-néanmoins-ami américain venait d’avoir un deuxième garçon et invitait ses amis à se réjouir avec lui : « We are ecstatic« , écrivait-il au sujet de la venue au monde de ce petit Louis Keaten pesant près de quatre kilos. Je lui ai envoyé mes « congratulations » et ai repris la route, réjoui de ce rayon de soleil inespéré. Un peu plus tard, un autre message, vocal celui-là, s’est introduit dans mon téléphone. Je me suis à nouveau arrêté : cette fois, Hélène m’annonçait la mort de notre ami. Bernard Brun avait succombé la veille, le 29 mars, à Amiens. J’ai repensé à un autre 29 mars, il y a neuf ans, jour du décès de mon père. 

Outre la date, il est des coïncidences troublantes : ces deux nouvelles successives qui m’arrivent lors d’un trajet, seul au volant, lorsque l’esprit vagabonde. La route offre le loisir de rêver à l’avenir comme de penser à des choses plus graves ; c’est un bref entre-deux pendant lequel on peut aussi bien revisiter son passé qu’envisager son avenir. Deux nouvelles : une mort, une naissance. Une mort dans la souffrance et le désespoir de la vie qui s’arrête trop tôt, une naissance dans la douleur et la joie d’un avenir où tout est possible. J’ai repensé à Bernard, chez nous, l’an dernier, venu à Paris pour une opération à laquelle les médecins avaient finalement renoncé.

Allongé sur le canapé, une douleur nouvelle te tenaillait, semblant se déplacer à l’intérieur de ton corps quand tu changeais de position. « Je ne sais pas ce qui m’arrive », disais-tu, désemparé face à un mal insaisissable. Tu auras pourtant lutté pendant trois ans et demi, refusant de te résigner à l’irrémédiable, jusqu’à la fin, convaincu que tu pouvais l’emporter. Ta volonté n’aura pas suffi. 

Contrairement à ce que l’on prétend, contrairement à ce que l’on aimerait croire, il semble que la volonté et l’appétit de vivre ne suffisent pas toujours.

La Corée du Nord future Suisse de l’Asie ?

GENEVE – Le Conseil des droits de l’homme, actuellement en session à Genève, vient de se pencher sur le cas de la « République populaire démocratique de Corée », appellation officielle de la Corée du Nord. Un rapport sans concession a été présenté au sujet du dernier régime stalinien de la planète. Son auteur, M. Vitit Muntarbhorn, un universitaire thaïlandais, a souligné que «la tragédie du pays venait du fait que ceux qui se trouvaient au sommet cherchaient à survivre aux dépens et au détriment de la majorité de la population». Avec pour résultat que l’on y crève de faim. Le rapporteur se permet de suggérer à Pyongyang de moderniser son système politique pour permettre une plus grande participation de la population. Les projets de développement doivent être axés sur le critère politique du «peuple d’abord» – un comble pour un pays prétendument communiste – en réorientant les budgets, y compris militaires, vers le domaine social. Il déplore que le régime ait mis la priorité sur la bombe atomique plutôt que sur la satisfaction des besoins de base de la population.

La délégation nord-coréenne au Conseil des droits de l’homme lui a répondu d’aller se faire voir. Pas comme ça bien sûr mais presque. Le représentant de Pyongyang a jugé que le rapport véhiculait toutes sortes d’affabulations et de diffamations. Il a souligné que ce n’étaient pas les pressions politiques qui feraient changer le pays d’un iota. Il a assuré enfin que la RPDC disposait de son propre système de protection des droits de l’homme assurant toutes les garanties légales et institutionnelles voulues.

L’autre matin, la Radio suisse romande racontait que le fils cadet de Kim Jong-il, le « cher dirigeant« , comme il est surnommé par son peuple (du moins si l’on en croit la propagande officielle) avait fait ses études à Berne. Sous une fausse identité. Or, ce garçon serait favori de son père pour lui succéder à la tête du pays. Par ailleurs, la Corée du Nord a apparemment envoyé une mission récemment ici pour étudier… le fédéralisme helvétique. Les agents chargés de la tâche ont confié qu’ils avaient trouvé ce système « compliqué ». Tout cela semble quelque peu surréaliste mais on peut rêver qu’un jour la Corée du Nord sera vraiment populaire et démocratique. Avec en plus, peut-être, si Dieu lui prête vie, un chef d’Etat parlant couramment suisse-allemand, ce qui n’est pas si courant.

« Extrémistes modérés »

GENEVE – Entendu ce matin sur les ondes : le correspondant de Radio-France à Kaboul pose la question de savoir ce que représentent les « talibans modérés » au sein de l’insurrection afghane. Ce serait en effet utile d’en avoir une idée pour évaluer ce que pourrait apporter une négociation avec eux, comme vient de le proposer le vice-président des Etats-Unis, Joe Biden (qui estime que les talibans irrécupérables ne sont pas plus de 5%). Le correspondant de Radio-France à Kaboul s’interroge tout de même : comment connaître les effectifs des « extrémistes modérés » avec qui prendre langue.
Extrémistes modérés, quelle expression audacieuse…

« Il n’a pas hésité »…

PARIS-GENEVE – Sur la route entre Paris et Genève, en ce 1er mars, j’écoute le journal de France-Inter, celui de 13h en quittant la capitale puis, plus tard, celui de 19h dans les lacets du Jura enneigé au-dessus du Pays de Gex. Le journaliste raconte l’histoire d’une dispute entre un garçonnet et une fillette à propos d’une console de jeu. Leur maman, qui avait travaillé toute la nuit, dormait. Et le petit garçon, âgé de cinq ans, « n’a pas hésité » à aller chercher un couteau dans la cuisine et à le planter dans la poitrine de sa soeur. Il « n’a pas hésité« , répètera le journaliste à 19h – c’est le même qui présente le journal de la mi-journée et celui du début de soirée en ce dimanche, jour de repos pour ses collègues de la semaine. Je me demande comment il le sait que l’agresseur présumé « n’a pas hésité« . Pourquoi, ressent-il le besoin d’apporter cette précision qu’il ignore forcément ?

Sans doute, pour laisser entendre que, décidément, tout fout le camp, jeux vidéos aidant.

Deux jours plus tard, on apprend que le petit s’est faussement accusé et que c’est la mère la coupable. Peut-être, en fait, le garçonnet n’a-t-il « pas hésité » à s’accuser du geste de sa mère lorsque celle-ci le lui a demandé… Ne serait-ce pas plutôt un drame de la misère morale et matérielle ?

Faut-il jeter les journalistes de plus de 40 ans ?

PARIS – L’été dernier, alors que je soulignais auprès d’un employé de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) la quasi impossibilité de retrouver un boulot stable après 50 ans, celui-ci m’avait répondu que l’on commençait à se rendre compte que l’expérience pouvait avoir de la valeur. Il m’avait raconté qu’un journal moribond (*), qui avait tenté de rebondir en n’embauchant que des jeunes, venait d’appeler l’ANPE au secours après avoir réalisé que son encadrement manquait de journalistes ayant un minimum de bouteille…

Alain Weill, patron de Radio Monte-Carlo, de BFM (radio et télévision) et du quotidien économique français La Tribune, était interrogé récemment sur la question de savoir s’il fallait « jeter les vieux journalistes« . Lors de l’émission de France-Culture « Masse critique » du 7 février, on lui a demandé en effet si, désormais, les groupes de presse devaient embaucher uniquement des jeunes, censés être plus réactifs et plus au fait des nouveaux moyens de communication. Bref, « faut-il jeter tous les journalistes qui ont plus de 35-40 ans?« , s’est entendu demander ce patron de presse, qui fêtera lui-même son quarante-huitième anniversaire en avril.

La réponse du patron du groupe NextRadioTV : « Je me rends compte que le journalisme est un métier pour lequel l’expérience est quelque chose de très important. Avoir vécu des élections, des conflits, ça permet d’être beaucoup plus compétent à l’antenne, d’être beaucoup plus à l’aise, surtout à la radio et à la télévision. Parce que, quand on a connu deux trois guerres, couvert deux trois élections américaines, on est quand même plus performant, on maîtrise beaucoup mieux le sujet. (…) 

« C’est vrai qu’à l’étranger, ajoutait-il fort justement, on voit beaucoup de journalistes qui ont des cheveux blancs. Il faut de l’expérience pour faire un bon journaliste. Il y a des métiers où la fraîcheur est sans doute un avantage ; dans le journalisme, la fraîcheur n’est certainement pas un inconvénient et on peut garder de la fraîcheur tout en ayant 60 ans. Mais l’expérience accumulée est irremplaçable…« .

(*) Il s’agit de France-Soir qui est le seul quotidien français à avoir fortement augmenté ses ventes en 2008. Il repart toutefois de très bas puisqu’il tourne autour de 24.000 exemplaires par jour contre plus d’un million dans les années soixante.

Buntley, le tailleur arménien des Champs-Elysées

georges-001.1239041009.jpgPARIS – C’est l’histoire d’une réussite « à la force des ciseaux », de gros ciseaux de tailleur. Kevork Gulluyan est né en août 1914 en Turquie, huit mois avant le début du génocide arménien. Il est arrivé en France à l’âge de neuf ans, pays dont il ne parlait alors pas la langue. En 1939, un an après avoir épousé une Française, il partira à la guerre sous l’uniforme français – sans en avoir la nationalité qui ne lui sera octroyée qu’en 1947. Il passera trois ans et demi de captivité en Allemagne. Parti de rien, il deviendra un tailleur renommé sur les Champs-Elysées dans les années soixante et septante, sous le pseudonyme de Buntley. Son atelier a disparu aujourd’hui, son successeur n’ayant pas réussi à empêcher l’affaire de péricliter.

Kevork, devenu « Georges » Gulluyan pour l’état-civil, incarne cette intégration réussie dont nous avons apparemment perdu la recette, le chômage de masse y étant sans doute pour beaucoup. Ce membre de ma famille maternelle fêtera ses 95 ans en août. Avant de mourir*, il aimerait que la Turquie veuille bien, enfin, reconnaître le génocide de 1915. Comme la plupart des Arméniens.

Je viens de mettre le point final au récit de sa vie, une biographie rédigée à la première personne qu’il aimerait voir publiée. J’ignore si son histoire saura intéresser un éditeur. Des histoires d’immigrants partis de rien et ayant brillamment réussi, il y en a beaucoup. Ce qui frappe, c’est cet amour inconditionnel pour le pays qui l’a accueilli, amour que beaucoup d’enfants d’immigrants d’aujourd’hui n’ont pas – tout simplement parce qu’ils ont le sentiment que la France ne les aime guère et qu’ils n’y ont pas leur place en dehors de banlieues devenues ghettos.

A écouter Georges Gulluyan, à lire le récit de sa vie, on se dit que rares sont les enfants d’étrangers qui pourraient reprendre à leur compte les propos suivants à la fin de son récit : « Je suis trois fois français : de cœur, d’esprit et de comportement. Bien qu’étant d’origine étrangère, je me sens autant français que les Français de souche. (…)  Je ne peux comprendre que l’on n’aime pas la France, particulièrement lorsque l’on est d’origine étrangère« . J’ai essayé de lui expliquer mais je ne suis pas certain d’y être parvenu.

oooo

* Post-scriptum (ajouté quatre ans plus tard) : Georges  Gulluyan est décédé paisiblement chez lui, dans son appartement parisien de l’avenue Trudaine, le 5 décembre 2012. Il avait 98 ans.