Indépendance du Québec : « Tranquillement pas vite »

PARIS – Il y a une expression québécoise qui j’aime bien et qui me va bien : « Tranquillement pas vite » quand on veut parler de quelque chose qui se fait petit à petit. L’équivalent de « lentement mais sûrement« . Ca pourrait aussi s’appliquer à la souveraineté du Québec, sauf que celle-ci aurait plutôt tendance à faire du surplace. L’ancien premier ministre québécois Lucien Bouchard vient de faire scandale dans le landerneau de la Belle-Province en disant tout haut ce que (presque) tout le monde sait mais que certains ne veulent pas voir, au Parti québécois notamment, formation qu’il a dirigée jadis.

Lucien Bouchard a déclaré la semaine dernière à Radio Canada : « Dans l’immédiat au Québec, on a autre chose à faire qu’attendre quelque chose qui ne vient pas vite ». Je sais, ça n’a l’air de rien vu de Paris mais ça a soulevé une véritable tempête dans le verre d’eau québécois. C’est tout juste s’il n’est pas accusé de haute trahison par les indépendantistes.

Lucien Bouchard estime que plutôt que poursuivre un rêve qui demeure chimérique pour le moment, le Parti québécois doit s’attaquer en priorité aux dossiers chauds s’il ne veut pas demeurer indéfiniment dans l’opposition : santé, éducation, finances publiques. Et être un peu plus ouverts aux immigrants… Le PQ a proposé un projet de loi sur l’identité québécoise l’automne dernier.

Haïti : retour parmi les vivants

NEW YORK – Pour échapper à la mort lors d’un séisme, il faut avoir soit de la chance, soit de l’intuition assortie du bon réflexe. Il faut même certainement avoir les trois à la fois. C’est du moins ce que l’on peut en conclure à la lecture du récit de Jens Kristensen. Cet employé de l’ONU a eu la bonne idée de se blottir sous une table. Il est sorti vivant des décombres de l’hôtel Christopher qui hébergeait la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Emmuré pendant cinq jours, ce Danois de 48 ans raconte qu’il a eu le sentiment de survivre dans un cercueil de béton.

Alors que l’on doit prendre une décision dans l’instant, il ne doit pas aller de soi de s’accroupir sous une table ou un bureau au lieu de se précipiter vers une porte de sortie. L’instinct commande sans doute de se sauver mais c’est en contradiction des conseils donnés en cas de séisme.

Il y a ainsi une poignée de miraculés parmi les 170.000 morts du tremblement de terre du 12 janvier. Encore hier, deux semaines après la formidable secousse, une jeune fille de 16 ans a été retrouvée vivante sous les décombres. Ce retour parmi les vivants ne doit pas être facile. Jens Kristensen a pourtant repris son boulot normalement. Il n’exclut pas, néanmoins, de subir dans quelques semaines le contrecoup psychologique de cette expérience traumatisante. 

Une « grande perte pour l’Onu »

de-ny-a-ny-mai-nov-2009-1193.1266173872.jpgNEW YORK – « J’ai perdu un ami et c’est aussi une grande perte pour l’Onu« . Ahmad Kamal, ambassadeur du Pakistan à la retraite resté actif au sein du « palais de verre », évoque ainsi devant moi la disparition de Hédi Annabi, le chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Celui-ci est mort dans l’effondrement de l’hôtel Christopher qui abritait les locaux de la MINUSTAH à Port-au-Prince lors du séisme du 12 janvier. M. Kamal dit à haute voix la stupéfaction ressentie par nombre d’entre nous : que votre vie puisse ainsi s’arrêter en un instant, une vie riche de réalisations et encore pleine de projets.

Engagés aux côtés des Haïtiens, les Onusiens ont subi le même sort qu’eux. La MINUSTAH a non seulement été décapitée mais elle a aussi perdu nombre d’autres serviteurs plus modestes : vendredi, dix jours après le tremblement de terre, le bilan faisait état de 70 morts et 146 disparus sur les quelque 10.000 membres de la mission.

Parmi les corps que l’on a retrouvés cette semaine dans les décombres, figurait celui d’Alexandra Duguay, une Québécoise qui travaillait au service de presse et qui avait été ma collègue en 2006 à New York. Elle avait 31 ans, elle était vive, dynamique, intelligente, jolie. Sa vie s’est arrêtée une fin d’après-midi de ce mardi fatal. A peine, a-t-elle sans doute eu le temps de comprendre ce qui se passait. A peine, a-t-elle eu le temps de réaliser que sa route s’arrêtait. 

Bien sûr, chacun d’entre nous savons que notre vie peut s’interrompre à tout moment mais on n’y pense guère. On vit presque comme si on devait vivre toujours. On s’embrasse le matin et on se souhaite une bonne journée, tout comme « Alex » a dû « donner un bec » à son compagnon avant de partir pour l’hôtel Christopher en lui disant « à ce soir ». Sa vie s’est arrêtée brutalement, la nôtre continue provisoirement. Alexandra Duguay continue de vivre dans la mémoire de ceux qui l’ont connue et qui ne peuvent l’imaginer autrement que vive, dynamique, intelligente, jolie.

L’ONU déménage

bat-prov-jardins-onu.1263263312.jpgNEW YORK – Le « palais de verre » se vide de sa substance : ses forces vives sont contraintes à l’exode. La quarantaine d’étages du secrétariat des Nations unies à New York sera totalement inoccupée à la fin avril. Depuis plusieurs semaines, ses occupants déménagent les uns après les autres.

Il règne une ambiance de plus en plus étrange dans ces couloirs et bureaux vides ou encombrés par des caisses en plastique de déménagement à roulettes. Dans les corridors de plus en plus déserts, on n’entend plus que ces longs vrombissements, ces « ouououh » que je crois avoir fini par identifier, après trois années ici. Ce bruit de fond, semblable à du vent dans un tunnel, qui donne une atmosphère si particulière, si mystérieuse, est certainement celui du va-et-vient des ascenseurs.

Les travaux de rénovation, dont le devis s’établit à près de 1,9 milliard de dollars, sont censés durer quatre années et ne pas dépasser la fin 2013. Le nouveau « palais de verre » sera désamianté, « écologique » bien sûr, et donc économe en énergie. Le bâtiment actuel, vieux d’une soixantaine d’années est en effet une vraie passoire, comme nombre de bâtiments à New York où le double vitrage ne s’impose que progressivement.

Mais, au fait, où sont passés les Onusiens? La majorité des 5.000 employés a été disséminée dans d’autres bâtiments dans le même quartier non loin de l’East River et la 1ère avenue. Ce lundi, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a inauguré un bâtiment provisoire, une sorte de grand hangar blanc qui a été laborieusement édifié dans les jardins (voir photo) pour la somme de 140 millions de dollars.

Il a quitté son poste d’observation du 38e étage et s’y est installé la semaine dernière, à l’instar de 270 autres employés qui travailleront aussi dans ce bâtiment « provisoire », d’une modernité aussi spartiate qu’étrangère à l’architecture classique grecque, il faut souligner ce paradoxe… C’est dans ce nouveau cadre post-moderne que se débattra le sort de la planète dans les prochaines années.

Corps à corps dans les aéroports

venise-capodanno-2009-079.1262830949.jpgNEW YORK – L’information du jour ce matin nous venait une fois encore des aéroports : à partir de ce lundi, les passagers en partance de 14 pays « sensibles » et se rendant aux Etats-Unis doivent être fouillés, palpés, pelottés… Le Pakistan, l’Arabie, le Nigeria en particulier sont sur la liste. 

Le Nigeria bien sûr d’où est originaire le jeune homme au visage poupin qui a tenté de se faire sauter avec ses compagnons de voyage le 25 décembre avant d’atterrir à Détroit.

J’avais l’impression qu’elle se relâchait un peu la vigilance dans les aéroports ces derniers temps. C’est normal, c’est humain, on ne peut rester sur ses gardes en permanence. Eh bien, c’est fini pour un petit moment. Le réveil a failli être brutal et l’enterrement d’Al-Qaïda annoncé régulièrement est remis à plus tard.

Quatorze pays, tous majoritairement musulmans et dont les ressortissants sont donc a priori suspects, même si probablement 99,9% d’entre eux ne feraient pas de mal à une mouche. Dans la liste publiée par le New York Times, je ne vois naturellement pas l’Irlande qui a pourtant longtemps abrité des terroristes sans état d’âme et qui en abrite certainement encore.

Eh bien rassurez-vous, hier dimanche, à l’aéroport de Dublin, alors même que cette mesure n’était officiellement pas entrée en vigueur, on fouillait chaque passager embarquant pour les Etats-Unis. Mon avion a décollé avec une heure de retard car nous y sommes tous et toutes passés, en rang sur deux files : les hommes palpés par des hommes, les femmes par des femmes. Le contenu des sacs de cabine était passé au crible, ce qui prenait un certain temps du côté des femmes car les produits de beauté étaient manifestement considérés avec suspicion. Et les vieilles dames bien poudrées n’étaient pas plus épargnées que les autres.

Ca peut sembler risible, ridicule même, mais toute la question est de savoir s’il y a moyen de faire autrement à ce stade. Et la réponse n’est pas évidente. Il paraît que certaines compagnies demandent de ne plus se lever pour se rendre aux toilettes une heure avant l’atterrissage. Un de mes collègues onusiens dit en ricanant que l’on va finir par voyager en slip, attaché à son siège. Ou par ne plus prendre l’avion. 

New York, ton métro sombre

de-ny-a-geneve-aut-hiv-08-09-002.1261114097.jpgNEW YORK – La société des transports en commun de New York a fait fort, cette semaine, en plein sommet sur le climat à Copenhague. La MTA (Metropolitan Transit Authority), confrontée à un déficit de 343 millions de dollars a décidé de fermer deux lignes de métro, de diminuer la fréquence sur certaines lignes d’autobus et de faire payer les lycéens et les étudiants qui avaient droit jusqu’à présent à la gratuité des transports en commun new-yorkais. C’est d’ailleurs ce point qui fait le plus scandale, une Metrocard mensuelle coûtant près de 90 dollars.

Ces décisions ne doivent pas entrer en vigueur avant le printemps et elles ne manqueront pas d’être contestées. Certains pensent que les usagers seront sauvés, sinon par le gong, du moins par la municipalité ou l’Etat de New York qui combleront le trou financier pour éviter l’entrée en vigueur de décisions à ce point aberrantes.

Sauf qu’avec un déficit frisant les sept milliards, l’Etat de New York est lui aussi « on the brink of insolvency » (à la limite de l’insolvabilité), comme le soulignait une radio ce matin. Du côté de la municipalité, l’heure est plutôt aux vaches maigres. Et quant à l’Etat fédéral, ultime recours possible, un élu du Congrès le comparait cette semaine au Titanic, à cause de l’explosion de la dette publique. Les élus du Congrès à Washington estiment qu’il faut mettre le holà à une dérive incontrôlée susceptible de conduire l’Amérique à la faillite.

Au-delà de ces considérations, dans quel autre pays, dans quelle autre grande ville du monde, aurait-on l’idée de condamner des lignes de métro empruntées tous les jours par des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes ?

Négationnisme climatique

de-ny-a-ny-mai-nov-2009-121.1261023701.jpgNEW YORK – Les copains de George W. Bush ont quitté le maquis. Ils arrivent à Copenhague pour essayer de se faire entendre et de faire entendre un autre son de cloche que celui de la bande d’Obama. Ils viennent porter la bonne parole, annoncer la bonne nouvelle : le réchauffement climatique est le fruit de l’imagination de scientifiques en mal de publicité. Et s’il existe, l’homme n’y est pas pour grand-chose ; et, au pire, il trouvera bien le moyen de s’adapter en temps utile. Pour l’instant, rien ne presse et de toute façon ça coûterait trop cher : le contribuable, qu’ils représentent, y mettra son veto.

On croyait qu’avec le départ de la Maison blanche de l’ancien président et son remplacement par un Obama sensible aux questions environnementales, on pensait donc que les négationnistes du changement climatique étaient rentrés dans leur coquille et faisaient profil bas. On se souvient que sous Bush, le gouvernement américain était allé jusqu’à censurer les études de l’Agence américaine de protection de l’environnement. On croyait que, depuis, les Républicains avaient fait amende honorable. Après tout, le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenneger, et le maire de New York, Mike Bloomberg, sont tous deux républicains et ils n’ont jamais nié la réalité du changement climatique. Face à l’inaction du gouvernement fédéral sous Bush, la Californie a même pris la tête de la lutte contre le réchauffement aux Etats-Unis.

La semaine dernière, à Washington, un groupe de députés républicains est sortie de la clandestinité en organisant une conférence de presse pour contester la vulgate climatique et annoncer qu’ils feraient le voyage de Copenhague. Mike Pence, représentant républicain de l’Indiana, président de l’American Energy Solutions Group, a lancé à l’intention du chef de la Maison blanche :  « Monsieur le président, ne faites pas de promesses à Copenhague que nous ne pouvons pas tenir« .

Son collègue James Sensenbrenner, républicain du Wisconsin, membre de la commission Energie, indépendance et réchauffement planétaire, a dit espérer qu’Obama « ne se discréditerait pas comme (l’ancien vice-président) Al Gore« . Celui-ci s’était engagé à Kyoto à ce que les Etats-Unis ratifient le Protocole limitant les émissions de gaz à effets de serre. De fait, le Congrès n’avait pas suivi.

Les Républicains sont convaincus que, pas plus cette fois qu’auparavant, le président ne parviendra à convaincre une majorité de députés et de sénateurs de ratifier un éventuel nouveau traité qui contraindrait les Américains à renoncer à l’American Way.

Comment ça pourrait se traduire, au fait, American way of life ? Exploitation sans restriction des ressources,  appétit de consommation sans limite, gaspillage effreiné de l’énergie ? Dans un monde limité par nature, il faudra bien pourtant que tout cela s’arrête un jour. Tôt ou tard. Les républicains ont décidé que ce serait le plus tard possible. Et de préférence plus tard que tard.

Le splendide isolement d’Israël à l’ONU

de-ny-a-ny-mai-nov-2009-055.1260743122.jpgNEW YORK – L’ONU est-elle anti-israélienne ? C’est ce dont on est convaincu en Israël. Et lorsque l’on suit les débats dans le palais de verre comme je le fais depuis trois ans, on ne peut que constater l’isolement extrême dans lequel se trouve l’Etat juif qui n’a qu’un seul allié inconditionnel, mais de poids, les Etats-Unis. L’Assemblée générale de l’ONU vient d’adopter pas moins d’une quinzaine de résolutions ces douze derniers jours qui dénoncent toutes la politique israélienne envers les Palestiniens. Israël rétorque invariablement qu’en ne désignant qu’un seul fautif, on ne fait certainement pas avancer la paix.

Ces textes n’ont, en eux-mêmes, rien d’inquiétants pour Israël : invariablement repris pratiquement mots pour mots chaque automne, ils ne sont pas contraignants. Seules en effet, les résolutions du Conseil de sécurité, seule instance qui compte à l’ONU, sont censées s’imposer – ce qui ne veut pas dire qu’elles soient d’ailleurs toutes respectées. Rappelons-nous que les résolutions 242 et 338, vieilles de 40 ans, exigeant notamment l’évacuation des territoires occupés par Israël, attendent toujours un début d’application.

Si toutes ces bonnes résolutions n’empêchent donc pas Israël de poursuivre une politique condamnée par presque toute la planète, elles conduisent néanmoins certains à se demander, y compris parmi ses amis, si ce pays pourra toujours se payer le luxe de persévérer dans ce splendide isolement, même en s’entourant d’un mur. Poser la question, c’est sans doute y répondre.

La Palestine comme « métaphore de la dépossession »

abuzayd_europarleuropaeu.1260746152.jpgNEW YORK – Karen Koning AbuZayd, « madame réfugiés palestiniens » à l’ONU prend sa retraite à la fin de l’année. Encensée par les pays arabes à l’ONU, elle quitte l’UNRWA, après neuf années de bons et loyaux service à la direction de l’agence des Nations unies chargées des réfugiés de Palestine.

L’UNRWA a « fêté » ses soixante ans l’an dernier. A sa création, en 1948, elle avait en charge 750.000 réfugiés. Ils approchent les cinq millions aujourd’hui. Contrairement à ce qu’espéraient les Israéliens, ils ne se sont pas dissous dans l’océan arabe qui les entoure. Et la question de leur retour éventuel est l’une des principales pierres d’achoppement sur la voie de la paix.

Mme Koning AbuZayd, Américaine mariée à un Soudanais, a consacré une bonne partie de sa vie aux déracinés du monde entier. Elle a aussi travaillé en effet pendant 19 ans au HCR, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Elle s’est rendue cette semaine pour la dernière fois à Jérusalem en tant que commissaire générale de l’UNRWA. Elle a déclaré à cette occasion que « la Palestine était une métaphore de la dépossession« . Elle a ajouté que « la dépossession était avec le déracinement un fondement de l’expérience palestinienne, en fait de l’identité palestinienne« .

Les principes, la fidélité aux principes et… la réalité, selon Gérard Araud

NEW YORK – On est toujours surpris lorsqu’un responsable se lâche en public. On l’est encore plus lorsqu’il s’agit d’un ambassadeur, même si celui-ci est connu pour son peu de goût pour les discours convenus. L’autre jour, le nouveau représentant de la France aux Nations unies, Gérard Araud, recevait les fonctionnaires français travaillant à l’Onu. Il a bien fait rire ses invités en racontant une anecdote illustrant la différence d’approche avec les Américains sur le plan des principes et de leur usage.

Un jour, a-t-il raconté, il plaidait face à un diplomate états-unien pour que toutes les opérations militaires de l’Otan reçoivent l’aval préalable de l’Onu. Son interlocuteur s’était montré dubitatif, lui demandant : «Que fait-on en cas de refus ? » Réponse : « On y va quand même ! » Devant la surprise de l’Américain, il avait expliqué que c’était comme pour le mariage, a alors raconté l’ambassadeur. On se jure fidélité et puis il y a ensuite le réel… qui, parfois, prend le pas sur les principes. Face à l’incompréhension de son collègue, il a ajouté qu’il s’était juré de réserver ce type d’argumentation à des compatriotes dans l’avenir… Il a confié qu’il pouvait d’autant plus librement tenir un tel discours qu’il n’était pas marié.

« Les arrières-cuisines des affaires internationales ressemblent plus au tripot enfumé de The Deer Hunter (Voyage au bout de l’enfer), où toutes les parties sont truquées, qu’à l’image d’Epinal que nous renvoient les diplomates tirés à quatre épingles devisant sur le monde, à voix presque basse, dans les salons lambrissés d’un palais ou d’un centre de conférences« , écrit la journaliste Florence Hartmann dans « Paix et châtiment« , le livre qu’elle a consacré au procès Milošević.