Subway

subway-30.1231938427.JPGNEW YORK / PARIS – Après plus de trois mois de vie new-yorkaise, je retrouve le métro parisien : bien éclairé, silencieux, propre. Tout le contraire du subway new-yorkais, sombre et glauque comme le souterrain qu’il est en effet. Et extraordinairement bruyant – assourdissant au sens propre, selon une étude – et pourtant on y dort comme dans aucun autre métro au monde : c’est incroyable le nombre de gens qui somnolent quelle que soit l’heure dans le métro de New York ! Sont-ils épuisés par le travail, par des nuits trop courtes, par la vie en général, je ne saurais le dire. J’observe les passagers de ma rame parisienne : ils sont éveillés et, accessoirement, presque tous minces ou peu s’en faut ; on voit bien que les gens ne mangent pas suffisamment en Europe…

Quant à l’état du subway, il est si affligeant qu’il avait inspiré un titre alarmiste du quotidien gratuit AM New York l’été dernier : « Our Crumbling Subway« , notre métro en ruines. Il n’y a qu’à voir en effet les murs lépreux des stations, bouffés par l’humidité et de perpétuelles fuites d’eau. Comme si rien n’avait été prévu pendant des lustres pour maintenir les lieux en état en dehors de la circulation des rames. Celle-ci est d’ailleurs chaotique le week-end à cause justement des travaux de maintenance des voies.

Par son état avancé de décrépitude, le subway illustre aussi le piètre état des infrastructures aux Etats-Unis. Quand on voit l’état souvent lamentable des autoroutes (un comble dans un pays où on ne peut rien faire sans voiture mais normal quand prévaut le règne du chacun-pour-soi-Dieu-pour-tous), quand on voit l’allure piteuse des ponts rongés par la rouille, on pense à l’Allemagne de l’Est avant la chute du mur. Et pourtant, il roule le métro de New York. Et contrairement à ce qui prévalait dans l’ex-RDA, des fonds sont enfin consacrés à sa rénovation. D’ailleurs, Barack Obama a fait de la remise en état des infrastructures une de ses priorités. Le déclin de l’Empire américain – et accessoirement du métro de New York – n’est donc peut-être pas irrémédiable.

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Photo : Jacques Baudrier

Post Scriptum (les Occidentaux aussi tapotent leurs bébés)

NEW YORK – Peu après avoir écrit ma précédente chronique dans laquelle je décris la manière particulièrement vigoureuse avec laquelle on berce les enfants dans le Karnataka, j’étais un midi dans le square de Tudor City, en face de l’Onu, où il est si agréable de manger lorsqu’il fait beau et j’ai vu quelque chose de banal qui m’a toutefois frappé, si j’ose dire : sur un banc en face de moi, un papa, serrant un bébé contre sa poitrine, tapotait le dos de l’enfant. « Mon Dieu mais c’est bien sûr ! », me suis-je dit (en mon for intérieur). Nous autres Occidentaux faisons la même chose, de manière nettement moins vigoureuse, il est vrai.

Aïcha, une lectrice fidèle en mission au Soudan pour l’ONU, m’écrit la chose suivante : « J’ai bien ri en lisant ‘la façon de faire au Karnataka’ ; c’est aussi la façon de faire à Casablanca. Je suis certaine que la vie qui l’attend à NY lui apprendra à ne plus se défouler sur la petite« . En tout cas pas en public, ajouterai-je.

Les langues meurent aussi (III)

img_0661.1221842459.JPGNOMAGLIO – Le piémontais est une langue rugueuse comme les montagnes qui lui ont donné naissance. Il ne ressemble guère à l’italien, à peine plus au français. On pourrait dire qu’il se situe quelque part entre les deux mais ce serait sans doute une comparaison aussi facile qu’inexacte. La première fois que je suis venu à Nomaglio (Noumaï en piémontais), le village de mes grands parents paternels, on se saluait par des « boun di » énergiques. C’était en 1967. Quarante ans plus tard, en dehors des vieux, on salue plutôt par un « buon giorno » standard. Le soir, chez Carla, l’aubergiste renommée pour sa cuisine « casalinga » (familiale) et pour sa roborative polenta grassa dominicale, on joue pourtant encore aux cartes en piémontais voire dans un mélange de « patois » et d’italien.

Mais tous les signes d’un déclin inéluctable sont là. Vous n’entendrez jamais un adulte, même âgé, s’adresser à un enfant en piémontais. Les gens de ma génération, autrement dit les quadras et les quinquagénaires ont cessé de parler patois à leurs enfants, même s’ils le parlent couramment entre eux.

Pour les linguistes, c’est là le critère clé pour prédire la pérennité d’une langue ou d’un dialecte : « Si vous avez une population où les plus jeunes locuteurs ont vingt ans, vous pouvez calculer que d’ici 50 à 80 ans il n’y aura plus de langue. Parce que les jeunes de 15 ans, lorsqu’ils se marieront, ne passeront pas la langue de leurs aînés à leurs enfants. Ce sont des langues qui peuvent avoir des millions de locuteurs mais si vous regardez les enfants aujourd’hui, ce sont les futurs parents. Si donc vous voyez que les enfants et les jeunes de vingt ans ne parlent pas la langue, attendez 50 ans et il n’y aura plus de langue. » *

* Colette Grinevald, linguiste à l’université de Lyon 2, sur France Culture le 10 juin 2008 dans l’émission « Travaux publics »

Langue officielle corse

corsica.1220281450.jpgENTRE BASTIA ET NICE – « Si le corse avait dû être une langue, les anciens s’en seraient chargés et auraient fait ce qu’il fallait pour« . La femme qui me tient ce propos pas très volontariste est pourtant une corsophone pratiquante. Elle se rend à Nice avec son mari qui doit y subir des examens médicaux.

C’est un couple tranquille de septuagénaires rencontrés à bord du Mega Express 4 de la compagnie Corsica Ferries il y a quelques jours en regagnant le continent depuis la Corse. Ils sont de Corte (Corti en langue corse) et ont presque toujours vécu dans l’île. Lui est un chauffeur routier à la retraite. Il a fait son service militaire en Algérie, où il a été blessé, a un frère exilé à Saint-Eloy-les-Mines en Auvergne et confie que lui n’aurait émigré pour rien au monde. Il est venu une fois à Paris, en est reparti bien vite, ne connaît pas l’Italie, contrairement à son épouse qui s’est rendu dans la botte à plusieurs reprises – mais c’était avant de se marier. Entre eux, ils parlent corse mais ce n’est pas le corse que l’on enseigne à l’école. Car, m’expliquent-ils, le corse de Corte n’est pas tout à fait le même que celui de Bastia ou d’Ajaccio (Aiacciu). Et c’est tout juste s’ils comprennent leurs compatriotes de Bonifacio (Bunifaziu), à l’autre bout de l’île.

Ils disent que de nombreux parents ne veulent pas que leur enfant apprennent le corse à l’école car ce n’est pas celui que l’on parle dans la rue. Bref, cette « langue officielle » serait en partie artificielle, tout comme l’occitan enseigné dans le sud de la France s’efforce d’unir laborieusement le béarnais, le provençal et les dialectes auvergnats ainsi que d’autres patois méridionaux eux aussi moribonds.

L’atout du corse, c’est que, comme l’alsacien, il bouge encore. Selon les chiffres officiels, plus de 92% des élèves du primaire apprennent le corse, plus de 40% dans le secondaire. Mais cela ne signifie pas que les enfants le parlent spontanément. « Quand on leur adresse la parole en corse, ils vous répondent en français !« , constate le vieux monsieur, un soupçon de regret dans la voix. Sans doute, serait-ce différent si on leur avait parlé corse dès le berceau.

***

Pour en savoir plus sur la question, un bilan très complet de l’université Laval de Québec :

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/corsefra.htm 

Les langues meurent aussi (II)

BAILE ATHA CLIATH / DUBLIN – Máirtín Ó Cadhain (1906-1970), écrivain irlandais de langue gaélique, a fait le constat suivant un jour : « La vérité est que l’irlandais n’est plus une langue vivante (…) Il est difficile de donner le meilleur de soi-même dans un médium qui a toutes les chances d’être mort avant l’hiver« .

(citation, en anglais, relevée au Musée des écrivains de Dublin – Baile Atha Cliath, en irlandais…)

Les langues meurent aussi (I)

a021_00005.1210757620.jpgDINGLE / AN DAINGEAN – Bridie Fitzgerald tient un bed and breakfast à Dingle, An Daingean en gaélique, joli port de pêche de la côte ouest de l’Irlande. Cette jeune grand-mère qui a vécu aux Etats-Unis dans sa jeunesse n’y est pas restée : elle est rentrée dans la mère-patrie au bout de cinq ans où elle s’est mariée. Son époux, engagé en politique, a même été sénateur. De langue maternelle gaélique, elle affirme la parler à ses enfants et l’apprendre à sa petite fille.

Elle regrette la disparition de l’irlandais, comme on dit ici, une mort qu’elle semble considérer comme inéluctable. A Dingle, des parents font pression, raconte-t-elle, pour que l’enseignement à l’école primaire se fasse en anglais et non plus en gaélique. « Et les enfants poussent à la roue« , selon elle. Ils préfèrent bien sûr qu’on leur apprenne la langue de l’ancien colonisateur qui est surtout la langue de la télévision, de la chanson, du cinéma, bref de la rue, plutôt que cette autre langue rugueuse, celle des ancêtres, autrement dit celle des vieux.

Elle trouve injuste que les nombreux étrangers qui s’installent en Irlande ne soient pas tenus de faire apprendre le gaélique à leurs enfants, alors que n’importe où ailleurs ils seraient tenus d’acquérir l’idiome du pays.

Bridie rappelle que la langue irlandaise est celle des paysans, parlée dans deux ou trois « poches » de l’Ouest – Donegal, Connemara ainsi que le Kerry où nous nous trouvons – et que le Gaeltacht, le pays gaéliquophone, rétrécie comme peau de chagrin. C’est comme en Bretagne avec le breton : pour entendre parler gaélique, le mieux est d’écouter la radio car il se fait rare dans la rue. Pour le lire, il suffit de déchiffrer les panneaux et communications officielles, presque toujours bilingues ; sauf ici justement où l’appellation anglaise Dingle a été abolie d’autorité, au grand dam des professionnels du tourisme. Ce volontarisme est malheureusement le symptôme du manque de vigueur d’une langue. Et il ne suffit pas de la graver, même dans le marbre, pour qu’elle survive. Le latin a beau orner un grand nombre de nos monuments, il a bel et bien disparu.

Pour en savoir plus : http://en.wikipedia.org/wiki/Gaeltacht ou

www.goireland.com/BLOG/Article/Irish-Language.html

Pour entendre « l’irlandais » en version originale non sous-titrée sur l’antenne de la RTE (Radio Telefís Éireann) :

www.rte.ie/radio/index.html et cliquer sur Raidió na Gaeltachta.

Abandonnées en forêt

img_0538.1206181331.JPG NOMAGLIO / ANDRATE – Maisons de pierres et de lauzes à l’abandon, perdues au milieu des arbres. Chaos végétal de grands châtaigniers, de bouleaux sur des tapis de feuilles mortes et de ronces. Je marche dans ces anciens alpages du Piémont, dans le nord de l’Italie, où la petite Isabella Gianetta, ma grand-mère, gardait les vaches l’été avec sa grand-mère. C’était il y a un siècle au-dessus des villages de Nomaglio et d’Andrate – Numaj (Noumaï) et Andrà en piémontais. Et cela fera trente ans le 3 décembre que ma grand-mère est morte en France. C’est là, à Gonesse près de Paris, qu’elle est enterrée avec mon grand-père que je n’ai pas connu, loin de leur Nomaglio natal – où lui n’était jamais retourné (ils en étaient partis au début des années vingt).

J’ai hérité de cette maison de pierres et de lauzes à laquelle on accède par un sentier au bout d’une piste caillouteuse. De là haut, de mon « balcon », la vue est vraiment « imprenable » sur les montagnes et la plaine : on ne risque en effet apparemment pas de me la prendre. Pas de monde au balcon, seulement, mon voisin de ruine, Felicino, qui monte toutes les après-midi, par la mulatière, depuis le village avec son chien. Il veut bien que je prolonge la piste jusqu’à nos maisons depuis longtemps délaissées, à condition que ce soit moi qui paye. Il a raison : il faut être un Parisien, vaguement intello, pour rêver d’avoir un pied-à-terre ici ; pour caresser le rêve un peu fou de retaper cette maison aujourd’hui inhabitable et hors des sentiers battus. Cette maison qu’une amie, qui ne l’a vue qu’en photo, appelle pompeusement « chalet d’alpage ».

Le terrain a été débroussaillé l’été dernier. En cette fin d’hiver, je cours la montagne et tombe sur d’autres « chalets » abandonnés, noyés dans la végétation, devenus presque invisibles. Dans l’une de ces masures, je découvre un vieux lit en bois à moitié défoncé. On n’a pas dû y dormir depuis des lustres et l’endroit est vraiment trop inhospitalier pour la Belle au bois dormant.

Il a sans doute fallu plusieurs siècles pour édifier les terrasses de pierre sur lesquelles se dressent ces maisons, aux murs épais, pourvues d’une petite étable voûtée au rez-de-chaussée, des siècles pour paver les mulatières qui sillonnent la montagne. Les maisons ont été abandonnées il y a trente ou quarante ans seulement. Quelques unes sont encore utilisées, les plus accessibles ont été retapées et pour certaines transformées en résidences secondaires. Ces quatre décennies ont suffi pour que le règne végétal réinvestisse le terrain, pour que les terrasses soient submergées par les ronces et envahies par les arbres. S’ils voient ce désastre de Là-Haut, ceux qui ont trimé dur pour bâtir ces petites murailles de Chine doivent se retourner dans leur tombe.

bgiansetto@orange.fr

Marie-Claire Blais, écrivaine visionnaire

blais_marie-claire.1206202229.jpgTURIN – « Il y aura de grands changements (dans un avenir proche) aux Etats-Unis et au Canada« . C’est l’écrivaine Marie-Claire Blais qui parle. Lors d’un colloque (*) le mois dernier à Turin consacré à la littérature québécoise, elle rappelait les changements majeurs survenus dans les années soixante touchant aux droits civiques, à ceux des Noirs et des femmes ou des homosexuels, des mutations nées aux Etats-Unis et s’étant répandues dans le reste de l’Occident. Pour l’auteure d’Une saison dans la vie d’Emmanuel , « les écrivains ont des visions« . Ils voient non seulement « dans le présent » mais aussi « dans l’avenir« . Et « un poète comme Dante, ou un écrivain comme Kafka, nous disent que nous devons travailler à améliorer le monde« .

Elle estime que « nous sommes dans une ère de fascisme et de cruauté« , de destruction du paradis qui était celui de notre chère planète, mais aussi d’absence de respect d’autrui, particulièrement quand cet autre est un inconnu. Cette intervention, en français, dans le cadre imposant de l’Université de Turin, était animée par Anne de Vaucher, universitaire enseignant à l’université Ca’ Foscari de Venise. « L’écriture est une illumination dans le chaos« , a renchéri celle-ci.

J’ai interrogé Marie-Claire Blais sur cette lumière qu’elle entrevoyait au bout du tunnel de ce que l’on pourrait appeler « la noirceur bushienne » : « Vous ai-je bien compris lorsque vous évoquez de grands changements tout proches ? ; pensez-vous par exemple à l’espoir soulevé par quelqu’un comme Barack Obama ? » Sa réponse, sibylline : « Tout change et si on l’a fait une fois, on peut le refaire une autre fois« .

b.giansetto@orange.fr

(*) Colloque intitulé Lectures de Québec organisé les 27, 28 et 29 février 2008 par l’Université de Turin et le Centro Interuniversitario di Studi Quebecchesi (CISQ)

La lingua del pane (ou « une Californie de la langue »)

statue-of-liberty-05.1206195342.JPGPARIS – « Il y a dans le génie de la langue française un purisme profond et un dédain pour l’erreur, ainsi qu’un dédain pour l’étranger. » C’est l’écrivain américain George Steiner qui parle. Il était invité de France Culture un soir de cette semaine. Ce mépris, cette sorte de xénophobie linguistique française, mettait-il en garde, a un prix élevé. Il a ensuite développé son assertion en brodant à partir de l’anecdote qui suit.

On expliquait un jour à Paul Valéry qu’il était possible d’apprendre les bases de l’anglais en une vingtaine d’heures. « En vingt mille heures, on ne peux pas apprendre le français », aurait rétorqué l’auteur des Cahiers.

Commentaire de Steiner : « C’est très beau et c’est très dangereux. La retraite de la langue française dans le monde entier, le rétrécissement, a des rapports compliqués, à la fois très beaux et assez ambigus à la difficulté du français devant celui qui voudrait pratiquer cette langue sans la perfectionner. Bien sûr, si on est Valéry, on a le droit de dire ça.

Mais, dans le monde moderne, l’anglo-américain l’emporte non pas pour des raisons économiques, politiques, qui sont importantes, mais parce qu’il y a dans la langue anglo-américaine un certain contrat avec l’espoir. Ca ne s’explique pas facilement, mais l’escalateur, le tapis roulant va vers le haut. Celui qui apprend l’anglo-américain a très vite l’impression que ça ira un peu mieux demain. Il y a là de l’illusion mais il y a une Californie de la langue, une espèce de rêve de l’Eldorado à l’intérieur de l’anglo-américain. Dans certaines autres grandes langues européennes, en ce moment, c’est plutôt le coucher du soleil. »

bgiansetto@orange.fr

(photo Jacques Baudrier) 

SDF

PARIS – Je n’ai pas pensé à lui demander son nom. Il m’a dit merci, on s’est serré la main et je suis reparti dans la nuit, le coeur serré. C’était au bord du canal de l’Ourcq, près du cinéma MK2, un Africain, plutôt jeune, qui m’a demandé si je pouvais l’aider. Il était correctement habillé, parlait doucement, on le sentait au fond du désespoir. Il m’a dit qu’il était malien et qu’il était en France depuis 1996. Il a travaillé pendant plusieurs années dans une entreprise avec des faux papiers. Il dit avoir été licencié lorsque sa situation a été dévoilée. Il a cotisé pendant toutes ces années mais n’a droit à rien, pas à l’assurance chômage en particulier, puisque ses papiers n’étaient pas valides. Il n’a pas vu sa famille depuis douze ans et n’a plus de logement. Quand il récolte assez d’argent, il va à l’hôtel : on lui fait un prix, m’a-t-il dit, 24 euros au lieu de 34. Quand il n’a pas d’argent, il appelle au secours le 115*.

Je suis étonné de son isolement. La plupart des Maliens vivent en communauté, dans des foyers surpeuplés bien souvent mais où la solidarité les soude et leur permet de tenir. Pourquoi est-il seul ? Il vient de la région de Kayes, dans l’ouest du pays, comme la grande majorité des émigrés maliens. A l’instar des Asiatiques, ceux-ci mendient rarement, pour ne pas dire jamais, et se débrouillent en se serrant les coudes.

Je repars en me disant que je pourrais lui proposer un toit, le mien. Pourtant, je n’en fais rien, incertain de ce qu’il faudrait faire.

* Le 115 : www.samusocial-75.fr/article.php?id_article=14

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